Cancer des enfants : Un traitement innovant contre la douleur d'un effet secondaire de la chimio

CANCER Des équipes du CHU de Toulouse ont lancé une étude sur le traitement par laser des mucites, ces lésions buccales consécutives à une chimiothérapie qui surviennent chez les enfants atteints d’un cancer

Béatrice Colin
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Au CHU de Toulouse, lors du traitement au laser des mucites, un des effets indésirables de la chimiothérapie.
Au CHU de Toulouse, lors du traitement au laser des mucites, un des effets indésirables de la chimiothérapie. — CHU Toulouse
  • Le 15 février est la journée nationale de lutte contre le cancer des enfants.
  • Au CHU de Toulouse, des équipes ont mis en place un protocole novateur qui permet de traiter l’un des effets indésirables de la chimiothérapie : les mucites.
  • Grâce à un laser, elles peuvent traiter rapidement ces lésions buccales et soulager la douleur des petits patients.

La chimiothérapie est un passage obligé pour traiter la majorité des cancers, aussi bien chez l’adulte que chez l’enfant. Mais elle n’est pas sans conséquence et les effets secondaires sont légion. Certains gérables, d’autres à l’origine de souffrances qui viennent s’ajouter à celles déjà nombreuses subies par les patients. Parmi eux, les mucites, des ulcérations dans la bouche.

Pour les traiter chez les plus jeunes, des équipes du CHU de Toulouse ont eu l’idée d’utiliser un laser. « Je travaille depuis très longtemps avec un dentiste qui l’utilisait pour traiter les aphtes et les plaies buccales chez les adultes. Une mucite, c’est l’équivalent d’une centaine d’aphtes dans la bouche, on ne peut plus manger, ni boire, on est obligé d’être sous morphine pour atténuer la douleur. Cela complique la prise en charge et cela peut aussi la retarder », explique le professeur Marlène Pasquet, médecin du service  d’hémato-oncologie à l’hôpital des enfants de Toulouse.

Etendu à 18 centres de traitement en France

Associée au service d’odontologie pédiatrique du CHU et à la société de l’agglomération toulousaine qui fabrique les lasers, Biophoton, elle a déployé cette utilisation auprès de ses patients. Pour unifier le protocole à suivre pour une utilisation optimale du laser, une étude a été lancée en mai 2021 et a permis d’équiper de lasers d’autres centres.

A terme, 406 patients suivis dans 18 centres du territoire français pourront bénéficier de ce traitement novateur qui dure quelques minutes et a une quasi-innocuité. Un bond en avant comparé aux traitements morphinique qui ont souvent des effets indésirables. « Tous les enfants qui ont bénéficié de ce laser savent que cela soulage et nous le demandent. Il n’empêche pas les mucites mais la douleur. L’étude doit nous permettre de savoir par exemple s’il faut l’utiliser tous les jours ou tous les deux jours », poursuit Marlène Pasquet qui, grâce à ce protocole, voit une avancée positive dans la lutte contre le cancer des enfants, dont la journée internationale est le 15 février.