Ségur de la santé : 3.000 soignants dénoncent une discrimination devant le Conseil d’Etat

INEGALITES Certains professionnels de santé bénéficient de revalorisations salariales en fonction d’un statut administratif, quand d’autres, à diplôme et ancienneté égaux, n’ont droit à rien

D.R.
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Certains soignants n'ont pas bénéficié de hausse de salaire, à diplôme et expérience égaux à leurs collègues.
Certains soignants n'ont pas bénéficié de hausse de salaire, à diplôme et expérience égaux à leurs collègues. — SYSPEO/SIPA

Le Ségur de la Santé a créé des inégalités, d’après eux. Près de 3.000 soignants, représentant une quarantaine de corps de métiers différents, ont déposé un recours auprès du Conseil d’Etat, annoncent nos confrères  du Parisien ce lundi.

Ils dénoncent une rupture d’égalité : certains professionnels de santé bénéficient de revalorisations salariales en fonction d’un statut administratif quand d’autres, à diplôme et ancienneté égaux, n’ont droit à rien.

Les ministères sommés de s’expliquer

De quoi provoquer un véritable sentiment d’injustice, alors que les soignantes et soignants ont été mis à rude épreuve par deux années de pandémie de Covid-19. Les ministères de la Santé, de l’Economie et des Collectivités sont pointés du doigt. Ils ont jusqu’à mi-mars pour plaider leur cause devant le Conseil d’Etat.

Les soignants lésés soulignent que le Premier ministre Jean Castex avait promis que ces hausses de salaires seraient équitables. C’est d’ailleurs pour cette raison  qu'elles avaient été étendues aux médecins des hôpitaux privés.

Régime de « sédentaires »

Or, environ 60.000 soignants ne bénéficient pas de ces revalorisations car ils ont choisi de rester en catégorie « active » plutôt que « sédentaire » lors du protocole Bachelot. En optant pour la catégorie « active », les soignants bénéficient d’acquis liés à la pénibilité, comme le départ à la retraite à 57 ans, en échange d’un salaire qui n’a pas été réévalué et d’un temps plus long pour monter en grade. Un choix purement administratif, qui n’affecte en rien les qualifications ou missions des professionnels.

Ce régime spécial est toutefois amené à disparaître : les nouveaux soignants n’ont pas la liberté de choisir, ils sont automatiquement « sédentaires ». Pour certains, il s’agit d’une stratégie de l’exécutif qui cherche à pousser les derniers bénéficiaires de ce régime spécial à faire marche arrière.