Orléans : Le partenariat avec une université croate pour la formation des médecins fait débat

ETUDES Les étudiants vont être formés par visioconférence, les universités locales dénoncent notamment une « sélection par l’argent »

20 Minutes avec agence
Le Loiret souffrirait d'une pénurie de médecins.
Le Loiret souffrirait d'une pénurie de médecins. — VALINCO/SIPA

La ville d’Orléans a signé un accord avec la faculté de  médecine de Zagreb pour former cinquante étudiants en médecine du  Loiret, par visioconférences, à compter de la rentrée 2022. L’accès se fera sur concours d’entrée obligatoire à Zagreb, avec un enseignement bilingue majoritairement en anglais, indique la métropole dans un communiqué, « une première en France » selon elle.

La municipalité fait valoir que les cours seront dispensés « par des professeurs de la faculté de médecine de Zagreb ainsi que par des médecins du Centre hospitalier régional d’Orléans » ou des médecins libéraux. En contrepartie d’un soutien financier de la ville, l’étudiant s’engagera à s’implanter pendant au moins cinq ans à Orléans. Selon le maire Serge Grouard (LR), il s’agit d’une « solution concrète » à la pénurie de médecins. Le Loiret compte 63,7 médecins généralistes pour 100.000 habitants contre une moyenne nationale de 123,8.

Les universités locales inquiètes

Ce projet « s’inscrit dans un modèle économique qui va entraîner une fracture sociale », ont réagi de concert les universités de Tours et d’Orléans. « L’université de Zagreb est connue pour accueillir des étudiant.e.s étranger.e.s, pour un enseignement en anglais payant », expliquent-elles dans un communiqué, évoquant une sélection que ne se fera « non plus au mérite mais […] par l’argent ».


« Le coût sera d’environ 10.000 euros, mais nous intégrons le prix d’une prépa privée car nous voulons que tout le monde passe en deuxième année », justifie auprès de l’AFP Florent Montillot, premier adjoint, citant le magazine L'Etudiant, qui évaluait en 2021 à « 6.306 euros, prépa comprise » le coût d’une première année.

Une « formation au rabais »

Les universités de Tours et d’Orléans fustigent aussi une « formation au rabais », avec des disciplines essentielles absentes de l’enseignement obligatoire, ce que conteste la mairie, rappelant la bonne place de l’université de Zagreb dans le classement de Shanghai. « Nous souhaitons que les collectivités territoriales soutiennent le service public et puissent massivement investir dans les formations portées par les universités françaises plutôt que de financer sur des fonds publics des formations privées », ajoutent les universités, estimant que cette formation ne « réglera en rien » la question de la désertification médicale.