Attentats du 13-Novembre : Enquête ouverte après la mise aux enchères de la radio d’une rescapée

POLEMIQUE C’est le chirurgien ayant opéré la victime qui a mis le document sur un site de vente en ligne

M.F avec AFP
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Une plaque commémorative et des fleurs sont photographiées devant l'entrée de la salle de concert du Bataclan après une cérémonie marquant le sixième anniversaire des attentats de Paris de novembre 2015 au cours desquels 130 personnes ont été tuées, le samedi 13 novembre 2021.
Une plaque commémorative et des fleurs sont photographiées devant l'entrée de la salle de concert du Bataclan après une cérémonie marquant le sixième anniversaire des attentats de Paris de novembre 2015 au cours desquels 130 personnes ont été tuées, le samedi 13 novembre 2021. — Christophe Ena/AP/SIPA

Glauque dérapage. Le parquet de Paris a ouvert mardi une enquête après la mise aux enchères par un chirurgien de la radio d’une victime et rescapées des attentats du Bataclan en 2015. « Les investigations ont été confiées à la BRDP », la Brigade de répression de la délinquance aux personnes, a précisé cette source.

Il est reproché au professionnel de santé d’avoir violé le secret professionnel. Ce chirurgien orthopédiste réputé a mis en vente sur OpenSea, un site spécialisé dans la vente d’objets numériques NFT, la radiographie d’une patiente qu’il avait opérée. Sur ce document médical, on pouvait voir un avant-bras transpercé par une balle de kalachnikov,  rapporte Mediapart. Toujours selon le média, la radio était mise en vente pour la somme de 2.776 dollars.

La victime « extrêmement choquée »

La rescapée du Bataclan est « extrêmement choquée » par la « démarche mercantile » et le « mépris » du médecin, a fait savoir lundi son avocate dans un communiqué. Le patron de l’AP-HP Martin Hirsch avait aussitôt annoncé que les hôpitaux de Paris saisiraient la justice, dénonçant un « acte scandaleux ».

C’est « une erreur grossière que je regrette amèrement », a de son côté indiqué le même jour le médecin sur son compte Twitter. « Je me rends compte que je me suis totalement égaré dans une démarche inepte et déplacée qui a légitimement offensé ceux que j’avais eu l’honneur de soigner : les victimes d’attentats », a-t-il ajouté. Il précise qu’il a détruit « l’œuvre en question » et assuré qu’il n’en avait « retiré aucun profit ».