Ehpad : Les maisons de retraite du groupe Orpea mises en cause pour des maltraitances

Des retraités maltraités Des personnes âgées « rationnées », abandonnées dans leurs excréments ou laissées sans soin pendant des jours. C’est ce que rapporte le journaliste Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs », publié mercredi, qui met directement en cause le groupe Orpea

Aladine Zaiane (avec AFP)
— 
Ehpad: Les maisons de retraites Orpea mises en cause pour maltraitances — 20 Minutes

Des révélations choquantes qui entraînent une dégringolade en bourse. Le journal Le Monde a publié lundi les « bonnes feuilles » d’un livre-enquête de Victor Castanet, Les Fossoyeurs, qui sort ce mercredi chez Fayard. Le journaliste révèle de nombreux cas de maltraitance dans les  Ehpad du groupe Orpea, témoignages à l’appui.

Notamment celui d’une auxiliaire de vie qui raconte à quel point elle devait « se battre pour obtenir des protections » pour les résidents. « Nous étions rationnés : c’était trois couches par jour maximum. Et pas une de plus. Peu importe que le résident soit malade, qu’il ait une gastro, qu’il y ait une épidémie. Personne ne voulait rien savoir », raconte-t-elle. « J’ai obtenu des témoignages selon lesquels ces dysfonctionnements trouvaient leur origine dans une politique de réduction des coûts mise en place à un haut niveau », a expliqué Victor Castanet à l’AFP.

L’entreprise « conteste formellement »

L’entreprise a « contesté formellement » lundi soir les accusations, qu’elle juge « mensongères, outrageantes et préjudiciables ». « Nous ne rationnons pas, cela ne correspond pas à nos directives, cela ne correspond pas à nos valeurs », a déclaré mardi soir sur BFMTV Jean-Christophe Romersi, directeur général d’Orpea. « Nous ne sacrifierons jamais la qualité de l’accompagnement, la qualité des soins à quelque notion de rentabilité que ce soit. »

Ces révélations ont fait réagir Olivier Véran, ministre de la Santé, ce mardi sur LCI : « Nous allons lui poser des questions [au groupe Orpea]. J’attends d’avoir des éléments factuels venant des autorités d’évaluations et de contrôles indépendantes », a-t-il développé. A l’initiative de la députée Christine Pires Beaune, les députés socialistes ont proposé que les parlementaires aient le droit de visiter les Ehpad, hôpitaux et toute structure dont les résidents ou patients bénéficient d’une aide publique, « à l’improviste, comme nous l’avons pour les prisons ».

A la suite de ces accusations, la cotation d’Orpea a plongé de 20,35 % à la Bourse de Paris ce mardi, après une chute de plus de 16 % la veille. D’autres groupes du même secteur ont été affectés, notamment Korian, qui a perdu 4,80 %, après une chute de près de 15 % lundi.