Coronavirus : Un vaccin nasal pour en finir avec la pandémie ?

VACCINATION Une injection dans le nez plutôt que dans le bras pourrait permettre de ne plus contaminer les personnes qui nous entourent, donc d'empêcher le virus de circuler, selon la directrice de recherche INRAE-Université de Tours au laboratoire d’immunologie parasitaire

Paul Blin Kernivinen
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Vaccin nasal — 20 Minutes

Et si les vaccins par voie nasale pouvaient mettre fin à la pandémie de coronavirus ? C’est ce qu’espère une équipe de chercheurs français de l’INRAE-Université de Tours,  nommée BioMAP, qui travaille sur ce nouveau type de vaccin contre le Covid-19.

Rassurez-vous quand on parle de « vaccin par voie nasale », on ne parle pas de piqûre comme les traditionnels vaccins intramusculaires. « On mettra juste à la porte d’entrée des narines, donc ça ne sera absolument pas un geste invasif », explique Isabelle Dimier-Poisson, directrice de recherche INRAE-Université de Tours au laboratoire d’immunologie parasitaire.

Deux réponses immunitaires en un seul vaccin

Mais, après le test PCR et antigénique, pourquoi toujours vouloir s’acharner sur notre nez ? « Notre vaccin va solliciter une réponse immunitaire que l’on dit systémique, générale, mais en plus de cette réponse immunitaire, on va induire une réponse immunitaire au niveau des fosses nasales », explique Isabelle Dimier-Poisson, également cofondatrice de la start-up LoValTech qui pilote ce projet de vaccin 100 % français.

Grâce à ces anticorps et lymphocytes spécifiques du virus situés dans le nez, contrairement aux vaccins traditionnels qui protègent surtout contre les formes graves du Covid mais n’empêchent pas de le transmettre, ce nouveau vaccin pourrait empêcher totalement la transmission du virus.

Empêcher le virus de circuler et stopper les variants

« Avec notre vaccin, quand on sera infecté, le virus sera très précocement arrêté par les anticorps et les lymphocytes T mémoire, indique encore la responsable de l’équipe de BioMAP, qui place de grands espoirs dans ce candidat-vaccin. Donc on ne sera plus, lorsqu’on est infecté, en capacité de contaminer les personnes qui nous entourent. Ça veut dire qu’on empêchera le virus de circuler. Cela veut dire que potentiellement ce vaccin participerait à l’arrêt de la pandémie. »

Le projet des chercheurs de l’INRAE présenterait aussi beaucoup d’avantages face aux variants. « Comme on arrête le virus très précocement, et qu’il ne se multiplie et ne circule plus aussi vite, on va ralentir, voire stopper complètement l’arrivée de variants », conclut la chercheuse.

Mais si l’équipe de l’INRAE est optimiste, il reste du chemin à parcourir. Pour le moment les chercheurs ont mené des études sur des animaux – des souris puis des hamsters – qui se sont avérés concluantes, mais aucun test n’a encore été réalisé sur un être humain. L’équipe BioMAP espère commencer les essais cliniques « d’ici fin 2022 ou début 2023 » et si ce candidat-vaccin passe les tests viser « une mise sur le marché début 2024 ».