Coronavirus en Bretagne : Pourquoi l’épidémie risque de durer un peu plus longtemps

PANDEMIE Après l’apparition du variant Omicron, le taux d’incidence a déjà commencé à redescendre dans plusieurs régions françaises mais pas en Bretagne

Camille Allain
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L'une des entrées du CHU Pontchaillou à Rennes. Ici le 13 mars 2020 lors de l'épidémie de coronavirus.
L'une des entrées du CHU Pontchaillou à Rennes. Ici le 13 mars 2020 lors de l'épidémie de coronavirus. — C. Allain / 20 Minutes
  • Plusieurs régions françaises ont vu le nombre de nouveaux cas positifs de Covid-19 décroître ces derniers jours mais pas la Bretagne.
  • La région a été frappée plus tard par la vague Omicron et s’attend à une décrue en février.
  • Sous tension, le CHU de Rennes a battu son « record » d’hospitalisations et attend une embellie avec impatience.

La Bretagne avait jusqu’ici été plutôt épargnée par l’épidémie de Covid-19. Au fil des vagues subies par la France, la péninsule de l’Ouest avait toujours été  moins touchée que le reste de la France. Sa population avait pourtant fait le choix d’une vaccination massive, obtenant le titre officieux  de région la plus vaccinée de France. Le 19 janvier, la couverture vaccinale (au moins une dose) de la population bretonne était de 83,4 % tout âge confondu. Un chiffre qui grimpait même à 95,9 % pour les plus de 12 ans. Alors que  le variant Omicron montre quelques signes de relâchement dans certaines régions françaises, la Bretagne ne semble pas concernée par cette baisse des contaminations. Curieux ? Pas vraiment.

Les chiffres de vendredi parlent d’eux-mêmes. Dans la région, le taux d’incidence du Covid-19 avait progressé de 657 points en une semaine, s’établissant à 2.800 cas pour 100.000 habitants et même 3.500 cas en Ille-et-Vilaine. Alors que la circulation du virus semble diminuer en Ile-de-France et en Corse, elle progresse toujours en Bretagne. « On espérait une embellie la semaine dernière mais elle n’a pas eu lieu. Il y a un petit effet décalage dans la région. La décrue en Bretagne sera sans doute un peu décalée », estime Véronique Anatole-Touzet, directrice du CHU de Rennes. La raison ? « Le variant Omicron a mis plus de temps à émerger chez nous, il est arrivé plus tard », analyse le professeur Pierre Tattevin.

Une « dégringolade » attendue en février

L’infectiologue du CHU émet pourtant une hypothèse prudente, basée sur les prévisions de l’Organisation mondiale de la santé. « En février, on devrait avoir une dégringolade du nombre de cas, comme cela a été le cas en Grande-Bretagne », avance prudemment l’infectiologue, parlant au conditionnel. Cette décrue constatée en Ile-de-France devrait s’amorcer d’ici quinze jours dans l’Ouest.



Dans les hôpitaux de la région, ce ralentissement est attendu avec impatience. En première ligne dans l’accueil de patients Covid, le CHU rennais a dû déprogrammer certaines opérations pour prendre en charge malades. « Mais nous n’avons pas fermé de lits, contrairement à de nombreux autres hôpitaux », se félicite la directrice de l’établissant, saluant le travail et la solidarité du personnel soignant. « Le personnel est épuisé. Nous continuons à recruter ». Actuellement, 350 des 9.000 agents de l’hôpital sont en arrêt maladie du fait de leur positivité. « La situation est tendue mais elle reste contrôlée. On reste sur un plateau très élevé. Pour l’instant, ça tient, mais l’hôpital est en tension », assure le professeur Tattevin.

Le 19 janvier, l’établissement de santé a dépassé son pic de 147 hospitalisations atteint pendant la première vague de mars 2020. Depuis, le « record » a été battu et s’établit à 169 patients positifs au Covid-19 hospitalisés, dont 26 en réanimation. « Cela concerne essentiellement des gens non-vaccinés ou qui ne répondent pas au vaccin », assure le professeur Jean-Yves Gauvrit, président de la commission médicale d’établissement du CHU. Les patients vaccinés sont eux assez nombreux dans les services de médecine, souffrant de formes moins graves. « On a remarqué qu’ils sortaient plus vite et qu’ils s’en remettent mieux », insiste le professeur Gauvrit.