Manque d’information, pas envie de faire une troisième dose… Nos lecteurs ont vu leur pass vaccinal désactivé

VOTRE VIE VOTRE AVIS Depuis samedi 15 janvier, faute de rappel vaccinal, des milliers de Français ont vu leur pass sanitaire désactivé. Par choix ou par manque d’informations, nos lecteurs vont devoir se priver de loisirs

Fiona Bonassin
— 
Pass sanitaire, test de dépistage Covid-19
Pass sanitaire, test de dépistage Covid-19 — Mourad ALLILI/SIPA
  • Près de 560.000 personnes auraient perdu leur pass sanitaire samedi
  • Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, plus de 32 millions de Français ont effectué leur dose de rappel.
  • A partir du 15 février, le délai maximal pour recevoir sa dose de rappel ne sera plus de sept mois, mais de quatre mois.

Selon le ministère de la Santé, près de 560.000 personnes auraient perdu leur pass sanitaire samedi, faute d’une troisième dose. Fin novembre, en ouvrant le rappel de vaccin contre le Covid-19 à tous les majeurs, le gouvernement avait déjà annoncé que la troisième dose serait nécessaire pour prolonger le pass sanitaire, devenu depuis un   pass vaccinal.

Plusieurs de nos lecteurs font partie de ceux aujourd’hui privés de loisirs depuis plusieurs jours. Par choix ? Un bug informatique ou un manque de temps ou de créneau pour se faire vacciner ? Les raisons de la perte du fameux sésame sont nombreuses.

« Pour l’instant c’est confinement social »

En sortant de chez lui samedi, Olivier ne s’attendait pas à la perte de son QR code : « Je me suis rendu compte en allant à la piscine puis au restaurant que mon pass avait été désactivé. Les professionnels n’ayant pas compris ce qu’il se passait, j’ai pu faire mes activités. » Les réponses à ses questions sont venues du journal télévisé. « Ce n’est que le soir même que j’ai eu les explications… En regardant la télévision. J’ai fait ma troisième dose dimanche matin. Il faut alors attendre sept jours pour que le pass soit réactivé. Donc pour l’instant, c’est confinement social. La date du 15 [janvier] m’avait échappé et je n’ai eu aucune relance » raconte le cinquantenaire.

L’homme pointe donc du doigt un manque d’informations de la part du gouvernement sur cette date butoir. Un avis partagé par Céline, qui était prête à se faire vacciner mais qui se retrouve aujourd’hui privée de loisirs à cause d’un changement de règle : « J’ai pris rendez-vous début décembre pour faire ma troisième dose. Un rappel que je dois faire le 17 février. Cela aurait été dans les temps si le ministre de la Santé n’avait pas réduit le temps de validité de la vaccination de 5 à 3 mois entre les doses ! » Nos deux lecteurs semblent malgré eux victimes du manque de communication du gouvernement sur les dernières mesures sanitaires.

« C’est vraiment un gros bazar »

Mais d’autres se retrouvent sans ce laissez-passer par soucis informatiques, par exemple avec une dose faite proche de la date fatidique. Au 15 décembre dernier, les personnes de 65 ans et plus vaccinées devaient avoir fait leurs trois doses pour avoir encore accès au QR code. A 75 ans, Claude a fait son rappel le 8 décembre, soit sept jours avant la désactivation de plusieurs pass… Depuis cette date, elle ne peut plus s’adonner à ses loisirs : « J’ai mes trois doses depuis le 8 décembre et malgré tout mon pass sanitaire est désactivé. C’est vraiment un gros bazar », peste la retraitée. Ce qui explique l’impossibilité pour Claude d’utiliser son pass, c’est qu’il faut 7 jours pour que la dose de vaccin soit ajoutée à son dossier vaccinal, donc le 15 pour elle, jour où plusieurs codes ont été désactivés. Mais depuis, elle aurait dû retrouver son sésame. D’où le bug informatique.

La femme de Laurent a eu le même problème : « Elle a fait sa dose de rappel le 12 janvier et à cause des sept jours avant que le vaccin soit actif, son pass sanitaire a été invalidé le 15 janvier : une aberration. » Mais d’autres Français ont consciemment dit adieu au pass… En refusant le rappel vaccinal.

« Je deviens une mauvaise citoyenne »

Depuis que le gouvernement a lancé la campagne vaccinale pour la troisième dose, plusieurs Français pro-vaccins se montrent à présent très réticents, c’est le cas de Sylvie : « J’ai reçu les deux premières doses du vaccin dès le mois d’avril. Je faisais alors partie des bons citoyens. Mais j’ai eu quelques problèmes après la vaccination, donc je ne souhaite pas faire ce rappel… Je deviens donc une mauvaise citoyenne et vais être coupée de toute vie sociale. » Car c’est bien du lien social que vont se priver les Français sans pass vaccinal : adieu les restaurants, le sport en salle, les soirées dans les bars ou le cinéma… « C’est triste mais je me passerais de loisirs. Ceci dit, vu la flambée des prix et la baisse du pouvoir d’achat, les loisirs risquent de devenir un luxe ! Même pour les détenteurs du fameux sésame vaccinal », tempère notre lectrice Dominique.

Privés de discothèque, de bars dansants, les jeunes ont du mal à refuser cette dose. A 22 ans, Alison n’était pas très motivée pour se faire piquer : « Je n’avais pas envie de faire le vaccin de base, mais sans réellement avoir le choix, car à notre âge on est presque obligé de le faire si on veut avoir une vie sociale. Quand j’ai su qu’il fallait une dose de rappel je m’étais dit "non hors de question"… Mais bon c’est la même histoire que pour la première dose, on n’a plus réellement le choix. Mon pass est désactivé jusqu’à vendredi prochain ! Et heureusement car mon anniversaire approche et je veux le fêter. »

Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, au lundi 17 janvier, plus de 32 millions de Français avaient effectué leur dose de rappel. Et attention à ceux qui n’ont pas encore fait cette troisième dose. A partir du 15 février, le délai maximal pour recevoir sa dose de rappel ne sera plus de sept mois, mais de quatre mois, après avoir reçu sa dernière injection ou d’avoir été infecté par le Covid-19.