Coronavirus : Le scénario catastrophe s’éloigne des hôpitaux français, selon l’Institut Pasteur

ESPOIR Le variant Omicron s’avérant moins dangereux que les précédentes incarnations du virus, les services de réanimation ne devraient pas totalement être saturés

X.R. avec AFP
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Champagne ! L'hôpital français va juste souffrir, mais pas s'écrouler.
Champagne ! L'hôpital français va juste souffrir, mais pas s'écrouler. — Daniel Cole/AP/SIPA
  • Comme de nombreux autres pays, la France est confrontée à une explosion des cas de Covid-19. Leur niveau moyen s’approche actuellement des 300.000 par jour, un niveau jamais vu depuis deux ans de pandémie.
  • Fort heureusement, Omicron s’avère aussi moins dangereux que les précédents variants. 
  • Si bien que l’Institut Pasteur vient de réviser ses précédentes modélisations et livre désormais scénario bien moins catastrophique, dans lequel le pic d’hospitalisations quotidiennes serait atteint fin janvier et compris entre 2.500 et un peu plus de 5.000.

Situation difficile mais sous contrôle : c’est désormais la perspective des hôpitaux français face au Covid-19. Après avoir entamé 2022 en pleine incertitude à cause de l’explosion des cas liés au variant Omicron, la France pourrait, comme ses voisins, échapper au pire. « On s’oriente vers des scénarios qui restent très compliqués pour l’hôpital mais ne sont pas les plus durs qui auraient pu survenir », résume le chercheur Simon Cauchemez, qui chapeaute les prévisions de l’ Institut Pasteur. Soupir de soulagement dans les chaumières…

Comme de nombreux autres pays, la France est confrontée à une explosion des cas de Covid-19. Leur niveau moyen s’approche actuellement des 300.000 par jour, un niveau jamais vu depuis deux ans de pandémie. Un chiffre impressionnant, lié au nombre record de tests effectués avant les fêtes, eux-mêmes boostés par l’hyper-contagieux variant Omicron. Selon l’OMS, il devrait d’ailleurs toucher la moitié des Européens très rapidement.

L’Institut Pasteur revoit sa copie

Fort heureusement, Omicron s’avère aussi moins dangereux que les précédents variants. Il provoque moins d’hospitalisations, à la fois car les populations sont mieux vaccinées et car il est en soi moins virulent, moins de patients sont envoyés en réanimation, et ils y restent moins longtemps. Sur cette base, l’Institut Pasteur, dont les prévisions sont attentivement surveillées par le gouvernement français, vient de réviser ses précédentes modélisations, particulièrement incertaines et données fin décembre. L’Institut se concentre désormais sur un scénario, jugé le plus probable, dans lequel le pic d’hospitalisations quotidiennes serait atteint fin janvier et compris entre 2.500 et un peu plus de 5.000.

Ce dernier cas dépasserait le record du printemps 2020, au début de la pandémie en France. Mais, contrairement à ce jour, il avait fallu un strict confinement pour stopper les hospitalisations et éviter un effondrement du système de santé. Une charge lourde donc, mais l’impact serait « potentiellement absorbable par les services hospitaliers, si on fait un effort pour diminuer la transmission » si les Français diminuent leurs contacts sociaux de 10 à 20 %.

Delta toujours là

Sur ce plan, les chercheurs sont encourageants. Ils estiment que cette réduction a probablement déjà lieu, en partie grâce aux récentes mesures du gouvernement pour forcer les entreprises à accepter plus de télétravail. Devant l’explosion des contaminations, les individus veillent aussi naturellement à porter leur masque ou à éviter trop de rassemblements. Néanmoins, l’espoir permis en regardant outre-Manche doit se tempérer : seuls trois quarts des Français de plus de 65 ans ont reçu une dose de rappel, contre 90 % de l’autre côté de la Manche.

Surtout, plus qu’en Grande-Bretagne, la vague Omicron a frappé la France alors que ses hôpitaux étaient déjà largement occupés par des patients infectés par Delta. Dans certaines régions, comme le Sud, « il y a encore beaucoup de patients hospitalisés (à cause de) la vague Delta », a prévenu l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, ce qui laisse « moins de marge » en France qu’au Royaume-Uni.