Coronavirus  : Pourquoi la vaccination des enfants contre le Covid-19 démarre si timidement en France ?

HESITATIONS Entre la difficulté à décrocher un rendez-vous et la réticence de nombreux parents, la vaccination des enfants a commencé en France de façon poussive depuis la mi-décembre

20 Minutes avec AFP
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Un enfant reçoit une dose de vaccin dans un centre de vaccination contre le Covid-19, dans le 5e arrondissement de Paris, dans le cadre de la vaccination des enfants de moins de 12 ans, le 23 décembre 2021.
Un enfant reçoit une dose de vaccin dans un centre de vaccination contre le Covid-19, dans le 5e arrondissement de Paris, dans le cadre de la vaccination des enfants de moins de 12 ans, le 23 décembre 2021. — Eliot BLONDET / POOL / AFP

D’abord ouverte mi-décembre aux enfants de 5-11 ans susceptibles de faire des formes graves du Covid-19, la vaccination a quelques jours plus tard été élargie à tous les enfants de cette tranche d’âge. Mais près d’un mois plus tard, le constat est celui d’un début poussif pour la vaccination des enfants en France. Et si les autorités sanitaires espèrent une accélération, certains se demandent si le timing est vraiment le bon.

1. Des enfants ne peuvent pas être vaccinés partout

Actuellement, la vaccination des enfants est possible seulement dans 505 centres. Certes c’est plus que les 350 la première semaine de janvier et les 100 ouverts en décembre, selon le ministère, qui espère augmenter ces chiffres. Cette campagne peut aussi être assurée par les médecins de ville et pharmaciens. « Les pédiatres peuvent vacciner mais cela implique une certaine logistique », raconte Fabienne Kochert, qui exerce à Orléans.

« Il faut faire la demande de doses à son pharmacien et nous sommes limités à un flacon par semaine, ce qui représente une injection pour dix enfants. J’ai passé une commande fin décembre, je n’y aurai accès que le 15 janvier », ajoute-t-elle.

2. Une prise de rendez-vous plus complexe que prévu

Autre obstacle : pour certains parents, la prise de rendez-vous s’est révélée plus complexe que prévu. En Loire-Atlantique, Caroline, freelance dans le journalisme et la communication, a réussi samedi à faire vacciner ses deux enfants de 7 et 10 ans, non sans peine. « Sur les sites de rendez-vous en ligne, on ne trouvait pas de créneau avant un mois ».

C’est suite à un tweet de son conjoint que le couple a été aiguillé vers un médecin généraliste en mesure de vacciner avec des doses pédiatriques.

« On ne nie pas le fait que (le nombre de rendez-vous disponibles) ne soit pas suffisant », concède-t-on au ministère, en indiquant que cela se chiffrait à « 5.800 cette semaine, 27.000 d’ici au 30 janvier et 50.000 fin février ». « On mobilise les acteurs pour augmenter encore ces chiffres », ajoute-t-on de même source.

3. Des parents pour beaucoup défavorables

S’ajoute encore un troisième obstacle à la vaccination des enfants. Cette fois-ci du côté de la demande. Selon une enquête diligentée notamment par l’Inserm, deux tiers des parents (67 %) d’enfants âgés de 5 à 11 ans sont défavorables à leur vaccination.

Mené par l’Observatoire régional de la santé Provence-Alpes-Côte d’Azur, le sondage a été réalisé avant Noël, c’est-à-dire avant que la Haute autorité de la santé (HAS) ne la recommande.

Vendredi, le professeur Alain Fischer, qui coordonne la stratégie vaccinale de l’État contre le Covid-19 en France, a concédé que pour accélérer la vaccination des plus jeunes, il faudrait « faire de la pédagogie ». Il a aussi regretté que suite à une demande du Conseil d’Etat, l’accord des deux parents, et non plus d’un seul, soit désormais nécessaire, y voyant « un obstacle ».

Les sociétés savantes de pédiatrie se sont prononcées pour une vaccination rapide de tous les enfants présentant des maladies chroniques les exposant à un risque de forme grave de Covid. Mais la campagne de rappel vaccinal des adultes reste la priorité et la vaccination des enfants ne doit pas la freiner, ont-elles estimé.