Coronavirus à Rennes : « C’est infernal »… Plus de trois heures d’attente pour des parents et des enfants déjà à bout

GALERE Un nouveau centre de dépistage a ouvert ses portes à Rennes ce lundi pour tenter de répondre à l’énorme demande de tests antigéniques

Camille Allain
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Une petite partie de la file d'attente qui s'est formée au centre de dépistage Covid-19 du Triangle à Rennes, ici le 10 janvier 2022.
Une petite partie de la file d'attente qui s'est formée au centre de dépistage Covid-19 du Triangle à Rennes, ici le 10 janvier 2022. — C. Allain / 20 Minutes

Une semaine qui commence bien. Une demi-heure après le dépôt de son fils à l’école, Frédéric a été appelé par la directrice de l’établissement, lui indiquant qu’un cas positif au Covid-19 avait été diagnostiqué dans la classe de Yann. Comme des milliers de parents, Frédéric a cherché un moyen de faire tester son garçon afin de lui permettre de retourner à l’école comme le permet le nouveau protocole. Après avoir tenté sa chance dans les pharmacies autour de Montauban-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), le papa s’est dirigé vers le centre de dépistage de Rennes, qui a ouvert ce lundi matin à quarante kilomètres de chez lui. Résultat ? Il lui a fallu patienter près de trois heures quarante-cinq pour que son fils et lui se fassent chatouiller le fond du nez.

« Je ne m’attendais pas à avoir une telle attente ! C’est une pure folie », glisse le papa. Il est presque 15 heures quand il quitte la halle du Triangle, un équipement culturel où la ville de Rennes vient d’ouvrir un centre de dépistage du Covid-19. Lui et son fils n’ont rien mangé. « La journée est foutue », glisse-t-il.

Son cas est loin d’être isolé. Depuis l’ouverture en urgence de ce centre réservé en priorité aux enfants scolarisés, la file d’attente n’a fait que gonfler. « C’est infernal ce que l’on fait vivre aux gosses. Mon petit-fils a trois ans et demi. Il n’a pas mangé ni dormi depuis trois heures et il n’est toujours pas passé. C’est n’importe quoi », résume Nicole, venue apporter quelques gâteaux et de l’eau à son fils. Dans les petits box, une dizaine d’agents de la Protection civile s’activent pour tester les dizaines et dizaines de familles qui ont sagement attendu en file indienne. De temps en temps, les pleurs d’un enfant résonnent dans les oreilles des secouristes débordés. Certains se débattent, hurlent, face à leurs parents déjà blasés d’avoir attendu trois heures pour un test de 30 secondes. « On se doutait qu’on aurait du monde, mais pas à ce point. On va être obligés d’arrêter, sinon, on ne pourra jamais fermer », reconnaît Frédéric Bridonneau, référent de la Protection civile.

« Revenez demain monsieur »

Ce papa est renvoyé chez lui. « Revenez demain (mardi) à la première heure », conseille un agent au parent dépité, sans solution. « C’est de la folie. On est tous prisonniers de cette situation », déplore le père de famille. Sa fille Manon semble ravie d’échapper au test, visiblement pas pressée de retourner à l’école. Pas son grand frère. Inscrit au lycée, il est cas contact pour la deuxième fois en quatre jours. « J’aimerais bien me faire tester vite parce que j’ai vu mes grands-parents hier », glisse l’adolescent avant de filer tenter sa chance dans l’immense pharmacie du centre commercial Alma. « La dernière fois, on m’a pris en trente minutes. »

Des enfants et leurs parents attendent pour un test antigénique du Covid-19 ici au centre de dépistage à Rennes, en janvier 2022.
Des enfants et leurs parents attendent pour un test antigénique du Covid-19 ici au centre de dépistage à Rennes, en janvier 2022. - C. Allain / 20 Minutes

Ce lundi pour l’ouverture du centre de dépistage du Triangle, 500 tests étaient prévus. L’énorme affluence a poussé les équipes à en faire beaucoup plus, allant jusqu’à provoquer une rupture de stock des feuilles de renseignement remplies par des familles désemparées. « C’est le premier jour, nous allons nous armer », assure la Protection civile. Ouvert à la hâte par la ville avec l’accord de l’agence régionale de santé, le centre devait répondre à la demande exponentielle de parents confrontés à l’explosion des cas positifs dans le milieu scolaire. Et dont le protocole impose plusieurs tests avant le retour en classe. « Faire subir ça aux gosses, c’est honteux », glisse une maman, passablement énervée par les trois heures d’attente. Dans la file d’attente, nombreux sont ceux qui réclament des campagnes de tests dans les écoles. « Ce serait quand même plus simple pour tout le monde ».

Prévu pour rester ouvert quinze jours, le centre de dépistage du Triangle devrait être dupliqué dans d’autres grandes villes françaises à la demande des municipalités. Dans la bouche de nombreux parents croisés ce lundi, la question était la même : combien de temps vont-ils tenir ?