Coronavirus : Avec un protocole à l’école, « c’est le foutoir » pour les parents

ECOLE Deux syndicats d'enseignants appellent à la grève jeudi prochain pour dénoncer un protocole à l'école trop contraignant

O. G. avec AFP
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Les enfants sont testés trois fois par semaine, parfois plus pour pouvoir aller à l'école.
Les enfants sont testés trois fois par semaine, parfois plus pour pouvoir aller à l'école. — Laurent Cipriani/AP/SIPA

Le protocole pour les écoles​ n’a pas fini de faire grincer les dents des parents et pleurer des enfants. Et avec l’annonce d’un appel à la grève en plus des difficultés au quotidien, les parents s’attendent à une semaine bien sportive… Ils ont vécu une rentrée agitée face à un protocole sanitaire «très compliqué», légèrement aménagé mais loin de contenter les syndicats enseignants, qui appellent à la grève.

« C’est le foutoir »

« Les parents deviennent chèvre », résume Laurent Zameczkowski, vice-président de la fédération de parents d’élèves Peep. « Il faut récupérer votre enfant, les tests et les pharmacies sont pris d’assaut, l’attente est pénible », ajoute-t-il. Et en général, « les autotests ne sont pas donnés comme prévu » dans les pharmacies.

« C’est le foutoir, renchérit Nageate Belahcen, coprésidente de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE). Les parents craquent complètement, car pour ceux qui travaillent, ça devient très compliqué, ils courent partout ».

La rentrée des classes s’est déroulée depuis lundi sous tension avec le variant Omicron, encadrée par un nouveau protocole sanitaire qui nécessite une multiplication des tests.

9.202 classes fermées jeudi

Les élèves sont désormais soumis à trois tests en quatre jours s’il y a un positif dans la classe : un antigénique ou PCR le jour de l’annonce du cas Covid, avec attestation à donner à l’école, puis des autotests à faire à la maison à J + 2 et J + 4. Un dispositif compliqué, alors que les cas se multiplient, avec déjà 9.202 classes fermées jeudi, au plus haut depuis le printemps dernier.

Le ministre a reconnu vendredi sur CNews que ce protocole était « extrêmement difficile » à vivre pour les familles. Il a aussi admis que « çà et là, il peut y avoir des pharmacies en rupture de stocks d’autotests », mais que « normalement elles sont réalimentées ».

Les témoignages de couacs sont pourtant nombreux. « La remontée des parents, c’est qu’il y a eu un gros cafouillage dans l’application du nouveau protocole, même s’ils ne veulent pas que les écoles soient fermées », constate Patrick Salaün, président de l’Unaape (Union nationale des associations autonomes de parents d’élèves).

Pour Marie, parent d’élève à Nice, qui a dû faire tester sa fille de CP, « impossible de trouver des autotests ». « Je pense qu’une amie va sûrement pouvoir me dépanner, mais la logistique ne suit pas ».

« C’est juste ingérable »

« C’est juste ingérable », estime de son côté Alexandre Leone, parent d’un élève de CE2 en Seine-Saint-Denis, qui a dû garder son enfant dans l’attente d’un test, et dit « ne pas pouvoir passer sa journée à faire la queue » à la pharmacie car il est en télétravail.

Laetitia Sarre, à Plan-de-Cuques (Bouches du Rhône), a elle dû « attendre une heure » devant une pharmacie pour tester sa fille de CM1. « Et il y a eu un bug du système d’enregistrement », empêchant « au moins trois ou quatre parents » d’effectuer les tests.

D’autres sont confrontés aux difficultés nées des enseignants absents non remplacés.

« On ne s’attendait quand même pas à un tel chaos », témoigne le père d’une élève de CE1 à Vincennes (Val-de-Marne) dont l’enseignante, absente lundi, a eu un premier remplaçant puis un deuxième, qui finalement a été malade à son tour.

Deux syndicats appellent à une grève jeudi 13 janvier

Face à cette situation, les parents redoutaient aussi que les élèves aient à recommencer sans arrêt le cycle de trois tests. Ils ont été rassurés sur ce point par une mise à jour du protocole sanitaire jeudi soir : les élèves n’auront pas à réaliser un nouveau parcours complet de dépistage si un nouveau cas positif apparaît dans leur classe dans un délai inférieur à sept jours.

Du côté des syndicats d’enseignants, cet aménagement n’a pas rassuré. « Cette précision du ministère n’est pas du tout logique, car il va y avoir encore plus de trous dans la raquette. La durée d’incubation, selon de nombreux médecins, est de cinq à six jours », déclare Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat d’enseignants du primaire. Son syndicat, qui dénonce « une pagaille indescriptible » dans les écoles, a annoncé vendredi un appel à la grève nationale pour jeudi 13 janvier, immédiatement rejoint par le SE-Unsa.