Coronavirus : Emmanuel Macron assume « totalement » ses propos sur les non-vaccinés

CONTROVERSE Le président de la République accuse les anti-vaccin de faire « de leur liberté, qui devient une irresponsabilité, un slogan »

20 Minutes avec AFP
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Le président de la République assume ses propos polémiques.
Le président de la République assume ses propos polémiques. — Jacques Witt/SIPA

Cette petite phrase dans le Parisien a déchaîné les passions pendant deux jours, en pleines discussions à l’Assemblée sur le  pass vaccinal. « J’ai très  envie d’emmerder les non-vaccinés », le genre de phrase qu’un président n’est pas censé dire, comme l’ont souligné nombre de ses adversaires. Défendu par sa majorité, notamment Gabriel Attal qui a demandé « qui emmerde la vie de qui aujourd’hui ? »,  Emmanuel Macron a affirmé vendredi assumer « totalement » sa sortie.

« On peut s’émouvoir sur des formes d’expression qui paraissent familières que j’assume totalement », a déclaré le président français lors d’une conférence de presse à l’Elysée, avant d’ajouter : « Je m’émeus de la situation dans laquelle nous sommes, la vraie fracture du pays est là, quand certains font de leur liberté, qui devient une irresponsabilité, un slogan ».

Marine Le Pen le qualifie de « pyromane »

Cette nouvelle déclaration, prononcée aux côtés de la présidente de la Commission européenne Ursula Van der Leyen, intervient à la veille de nouvelles manifestations contre le pass vaccinal. Les autorités anticipent un nouveau rebond de la mobilisation avec 29.000 à 39.000 manifestants attendus dans toute la France, contre 25.500 avant Noël, selon une source policière.

Mais cet épisode lui a également permis, selon la majorité, de dire tout haut ce que nombre de Français pensent tout bas, et de pousser dans leurs retranchements les oppositions, droite et extrême-droite en tête, en les obligeant à clarifier leur positionnement vis-à-vis des non-vaccinés et du pass vaccinal. Ainsi, la majorité présidentielle a souligné le délitement de l’unité du groupe Les Républicains lors du vote sur le pass vaccinal.

Marine Le Pen, de retour sur le terrain vendredi, à Béziers, la ville de Robert Ménard, pour rendre hommage à Jean Moulin, figure de la Résistance, a de nouveau attaqué Emmanuel Macron, « un pyromane qui vient faire sauter le débat » sur la gestion de la pandémie. Autre candidat d’extrême-droite, Eric Zemmour avait déjà accusé le président de tendre un « piège » en faisant « du Covid le sujet de la présidentielle ».