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TEMOIGNAGES« Je me suis fait vacciner pour ne plus être emmerdé par Macron »

Coronavirus : « Pour ne plus être emmerdé par le président Macron »… Ils viennent de recevoir leur première dose

TEMOIGNAGESRéfractaires de la première heure, des lecteurs et lectrices racontent à « 20 Minutes » pourquoi ils ont finalement décidé de se faire vacciner
Décidés à ne pas se faire vacciner, certains réfractaires de la première heure viennent de changer d'avis et de recevoir leur première dose.
Décidés à ne pas se faire vacciner, certains réfractaires de la première heure viennent de changer d'avis et de recevoir leur première dose. - Jeremias Gonzales/AP/SIPA / SIPA
Anissa Boumediene

Anissa Boumediene

L'essentiel

  • Alors que l’épidémie de coronavirus s’emballe sous l’effet du variant Omicron, le président Macron s’est dit décidé à « emmerder » les non-vaccinés.
  • Et l’entrée en vigueur prochaine du pass vaccinal illustre bien cette pression.
  • Aujourd’hui, certains réfractaires de la première heure décident finalement de se faire vacciner. Soit par obligation, soit parce qu’ils ont sincèrement changé d’avis. Ils le racontent à 20 Minutes.

L’ouverture de la campagne vaccinale au grand public au printemps dernier ? Pour eux, ce n’était pas un événement inscrit en rouge dans le calendrier. Pas question de se ruer sur les sites de réservation pour trouver un créneau, ni de faire le tour des pharmacies en quête d’une fin de flacon. Pas envie, « pas besoin », « pas confiance » : le vaccin anti-Covid, ces hommes et ces femmes étaient bien décidés à passer leur tour.

Mais ça, c’était avant. Avant que le chef de l’Etat ne leur complique sérieusement la vie. « Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire, jusqu’au bout. C’est ça, la stratégie », a déclaré mardi soir Emmanuel Macron dans un entretien au Parisien, bien décidé à accentuer la pression, ce qui a poussé certains à sauter le pas. Tous racontent leurs motivations à 20 Minutes.

« Pour ne pas me faire emmerder par notre président »

La petite phrase du président les a mis en rogne, tout comme l’annonce de la transformation prochaine du pass sanitaire en pass vaccinal, mais certains ont cédé sous la pression. A l’instar de Sébastien, 49 ans, qui a eu le Covid-19 il y a quelques mois, « avec des symptômes très mineurs », et qui ne voit « aucun bénéfice personnel au vaccin. Mais mon certificat de rétablissement arrive à expiration, alors je vais me faire vacciner pour ne pas me faire emmerder par notre président ». Idem pour Olivier, 44 ans, qui a décidé de se faire vacciner à « l’annonce du pass vaccinal. Mais c’est vraiment à contrecœur et avec une certaine amertume que j’ai reçu ma première injection cette semaine ».

Sa première dose, Gérard, 75 ans, l’a reçue « il y a 48 heures. J’en avais assez de la privation de mes plus élémentaires libertés. Là, le président m’a bien « emmerdé », et je saurai m’en souvenir au moment des élections », fulmine le septuagénaire. « Cette pression politique pesante a eu raison de moi, renchérit David, 41 ans. Assumer financièrement les tests antigéniques pour continuer à vivre ne me dérangeait pas plus que ça, mais le pass vaccinal a été la goutte d’eau ».

« Sinon je perds mon travail »

Pour beaucoup, c’est la peur d’être privé d’emploi qui a été le déclencheur, alors que de plus en plus de secteurs et d’entreprises réclament un schéma vaccinal complet à leurs collaborateurs. « Je reprends le travail dans deux mois dans un établissement recevant du public et mon employeur m’impose la vaccination, confirme Philippe 48 ans. Je ne peux pas vivre sans ressource, donc le vaccin est un passage obligé ». Pareil pour Léo : « J’intègre la Marine nationale à la fin du mois et la vaccination y est obligatoire », explique le jeune homme de 20 ans.

Le pass sanitaire, il y en a qui l’ont obtenu sans avoir reçu la moindre dose. En poche, pas de faux pass, mais un certificat de rétablissement, attestant d’une contamination récente. Mais tout comme le certificat de vaccination, ce document a une validité limitée. Marie, qui a contracté le Covid-19 en juillet, a pris rendez-vous pour se faire vacciner. « Mon certificat de rétablissement, valable six mois, va expirer. Et comme je suis saisonnière à Val Thorens, je n’ai pas le choix, sinon, je perds mon travail et ma vie sociale ».

Pour voyager

Et pas de pass, pas de voyage non plus. Etudiante, Valérie, 24 ans, a reçu sa première dose fin décembre, après l’annonce sur le pass vaccinal. « Ou plutôt l’obligation vaccinale, puisque sans vaccin, je ne pourrai plus prendre le TGV pour rentrer dans ma famille ». Même cause et mêmes effets pour Rudy, 34 ans : « Je l’ai fait pour aller en Guadeloupe voir mes parents retournés là-bas à leur retraite ».

« L’annonce du pass vaccinal ne m’a pas fait changer d’avis sur le vaccin, plante Sandra, 49 ans. Mais je suis obligée de le faire : je vis en Corse et sans cela, je ne peux plus voir ma famille sur le continent ».

« Pour mes enfants », mais « j’attendais d’avoir accouché »

Le pass vaccinal, c’est aussi ce qui a poussé Fabienne, 36 ans, à recevoir sa première dose fin décembre. « Si le gouvernement avait laissé la possibilité d’avoir un pass sanitaire valable 72 heures après un test, je ne serais toujours pas vaccinée ! J’avais préparé le budget tests à cet effet. Mais avec deux enfants qui veulent aller à la piscine, au cinéma ? faire des sorties, ce n’était plus tenable, et je ne voulais pas les priver de ces moments. Je me suis fait vacciner pour mes enfants ».

Sylvain, lui, s’est fait vacciner le 30 décembre pour son enfant à naître. « Sans cela, je ne pouvais pas accompagner ma femme à la maternité pour la naissance », confie le futur papa de 34 ans. Le vaccin, Cassidie, 21 ans, l’a reçu ce mardi, pour protéger son bébé : « J’ai accouché en octobre, les vaccins, ce n’est pas mon dada, mais je l’ai fait pour mon fils, et pour qu’il garde sa mère, parce que je vois que des jeunes de mon âge sont en réanimation ».

Comme Cassidie, de nombreuses femmes ont fait le choix d’attendre la fin de leur grossesse. C’est le cas de Morgane, 24 ans. « Enceinte, on nous interdit des tas de choses : la viande crue, le lait cru, l’alcool ou encore les huiles essentielles, alors un nouveau vaccin, je ne me sentais pas de le faire. Mais maintenant que j’ai accouché, je le fais ». Idem pour Mélanie, 26 ans, qui a « pris rendez-vous très rapidement après l’accouchement pour être vaccinée au plus vite ».

« Je me suis rendu compte que j’avais plus peur du Covid que du vaccin »

Et avec plus de 300.000 nouvelles contaminations quotidiennes, pour certains, les bénéfices de la vaccination l’ont emporté sur les craintes. « Ce n’est pas le pass vaccinal qui m’a fait changer d’avis, ni le manque de vie sociale, assure Marine, 29 ans, vaccinée lundi. C’est l’absence de restrictions et l’épidémie qui s’emballe qui me font peur. Ma peur des effets à long terme du vaccin est moins grande que celle d’attraper le virus et de développer une forme grave ». Un sentiment partagé par Marion, 32 ans : « l’envolée des contaminations en fin d’année m’a fait plier, j’ai eu peur ».

Charlène, elle, avait « pris rendez-vous à plusieurs reprises, sans sauter le pas. J’avais peur des effets éventuels du vaccin, mais aussi des effets du virus. J’ai fini par choisir le vaccin, parce qu’à 24 ans, vivre dans la peur et être privée de culture et de loisirs n’est pas concevable. Désormais, je vois que la balance bénéfices – risques penche en faveur du vaccin. Tous mes proches sont vaccinés, ils me protègent alors je me dois d’en faire autant ». Comme elle, Sibel, 30 ans, a changé d’avis : « Je me suis rendu compte que j’avais plus peur du Covid que du vaccin ».

« J’attends désespérément un vaccin sans ARN »

Sa peur du vaccin, Kristell vient de la surmonter. Il y a quelques années, après son deuxième accouchement, la jeune femme de 39 ans a eu « une thrombose veineuse cérébrale. J’ai été envoyée en soins intensifs de neurologie, et séparée de mon bébé pendant quinze jours. Alors quand les vaccins à ARN messager sont arrivés, j’ai été terrifiée. Mais après des examens et des échanges rassurants avec ma neurologue, je me suis lancée le 9 décembre. Et quand je vois le nombre de cas exploser, je suis soulagée de l’avoir fait ».

Jean, lui, préfère attendre encore un peu. « Depuis le début, je veux me faire vacciner, assure ce quinquagénaire. Mais j’attends désespérément un vaccin sans ARN, par peur des effets secondaires. Alors, je croise les doigts pour que Novavax sorte très rapidement ». Et l’attente ne devrait plus être très longue. Approuvé le 20 décembre par l’UE, les premières injections en France de ce vaccin, le premier sans ARN ni vecteur viral, pourraient démarrer « début février », a indiqué jeudi le ministère de la Santé.

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