Tabac : Le HCSP recommande aux médecins de ne pas conseiller le vapotage pour se sevrer

ADDICTION Ce nouvel avis semble plus prudent que le dernier, en 2016 qui considérait que la cigarette électronique pouvait « être considérée comme une aide pour arrêter ou réduire la consommation de tabac ».

20 Minutes avec AFP
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Vapexpo Paris, organise deux fois par an, a Paris et dans une ville de province, ce salon de la vape attire les professionnels du secteur et amateurs de vape, expérimentes comme novices, qui souhaitent se retrouver pour échanger sur les évolutions du marche, s  informer des dernières innovations et tester les produits et matériels.
Vapexpo Paris, organise deux fois par an, a Paris et dans une ville de province, ce salon de la vape attire les professionnels du secteur et amateurs de vape, expérimentes comme novices, qui souhaitent se retrouver pour échanger sur les évolutions du marche, s informer des dernières innovations et tester les produits et matériels. — MEIGNEUX/SIPA

Encore beaucoup de doutes sur la cigarette électronique… La cigarette électronique ne doit pas être proposée comme outil de sevrage du tabac par les professionnels de santé, faute de recul sur ses bénéfices et ses risques, estime le  Haut conseil de la santé publique (HCSP).

« Les professionnels de santé qui accompagnent un fumeur dans une démarche de sevrage tabagique se doivent d’utiliser des traitements médicamenteux ou non ayant prouvé leur efficacité », comme les patchs ou les gommes à la nicotine, juge cet organisme consultatif dans un avis publié lundi.

Conseiller des traitements ayant prouvé leur efficacité

Selon lui, « les connaissances fondées sur les preuves sont insuffisantes pour proposer [les cigarettes électroniques] comme aides au sevrage tabagique dans la prise en charge des fumeurs par les professionnels de santé ».

« Les bénéfices potentiels et les risques de l’utilisation à moyen ou à long terme de cigarettes électroniques avec ou sans nicotine, ne sont pas établis à ce jour », poursuit le HCSP, qui souhaite des études sur le sujet.

L’organisme ne condamne pas totalement ces produits

Pour autant, cet organisme ne condamne pas totalement ces produits, qui peuvent « être utilisés en dehors (ou en complément) d’une prise en charge dans le cadre du système de soin ».

Même si on ne connaît pas précisément le rapport entre leurs bénéfices et leurs risques, il n’est pas exclu que « ces produits utilisés hors système de santé puissent représenter une aide pour certains consommateurs et contribuer ainsi à améliorer leur santé », souligne le HCSP.

Cet avis remplace un précédent daté de 2016, dans lequel le HCSP estimait que la cigarette électronique pouvait « être considérée comme une aide pour arrêter ou réduire la consommation de tabac ».

Ni goudron ni monoxyde de carbone

La cigarette électronique émet, par chauffage d’un liquide composé de propylène glycol ou glycérol, une vapeur généralement chargée de nicotine et d’arômes.

Elle ne dégage ni goudron ni monoxyde de carbone, les deux éléments les plus nocifs de la fumée de tabac qui provoquent cancers et maladies cardiovasculaires. Mais la vapeur contient des particules fines dont on ne connaît pas les effets à long terme.

La question divise la communauté médicale. D’un côté, les autorités sanitaires se montrent très prudentes : en juillet, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) avait répété que les cigarettes électroniques pouvaient être « dangereuses » et devaient être réglementées.

Mais cette prudence est jugée coupable par les spécialistes de l’addiction. Ils soulignent que la cigarette électronique est infiniment moins dangereuse que le tabac et qu’à choisir, la première est préférable au second.