Coronavirus à Lyon : « Nous avons, pour l’instant, uniquement des cas Delta en réanimation »

EPIDEMIE Alors que les cas de contamination au coronavirus explosent sur le territoire lyonnais, « 20 Minutes » fait le point sur la situation observée dans les hôpitaux

Caroline Girardon
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Pour l'instant, le variant Delta reste majoritaire dans les services de réanimation lyonnais.
Pour l'instant, le variant Delta reste majoritaire dans les services de réanimation lyonnais. — Jeff Pachoud / AFP
  • Le taux d’incidence est désormais de 1.661 dans le département du Rhône, où les services de réanimation affichent un taux de saturation proche de 100 %.
  • Le nombre de patients positifs au Covid 19 reste toutefois moins deux fois moins important dans ces services-là que lors des pics des deuxième et troisième vagues.
  • Si le variant Omicron est bien plus contagieux que le Delta, il ne s’est pas encore invité dans les services de réanimation lyonnais.
  • 60 % des patients hospitalisés en réa sont des personnes non-vaccinées.

Un nombre de cas qui explose. Dans le département du Rhône, le taux d’incidence de l’épidémie de  coronavirus est désormais de 1.661 cas positifs pour 100.000 habitants. Contre 1.200, trois jours plus tôt. Des chiffres supérieurs à la moyenne nationale. Et du jamais vu depuis le début de la pandémie. Pour rappel, au plus fort de la deuxième vague, à l’automne 2020, le taux d’incidence n’avait pas excédé 900. Alors que la courbe de contaminations grimpe de façon exponentielle depuis deux semaines, quelle est la situation dans les hôpitaux de  Lyon ? Le point.

Des services de réanimation saturés mais moins de patients positifs au Covid

En ce début d’année, 659 personnes sont hospitalisées dans le Rhône, dont 168 placées en réanimation. « L’évolution est importante depuis quinze jours. On a observé lors de la première semaine des vacances de Noël, une très forte pression sur la réanimation avec un taux de saturation proche de 100 %. Ce qui a nécessité le transfert de plusieurs patients vers d’autres hôpitaux et la déprogrammation d’opérations non-urgentes, relève Jean-Christophe Richard, chef du service de médecine intensive, de réanimation et de surveillance continue médicale de l’hôpital de la Croix-Rousse. Nous étions très inquiets pour la deuxième semaine mais la pression s’est un tout petit peu desserrée. »

Le taux d’occupation des services de réanimations de Lyon spécifiquement est de 94,6 %. 81 patients Covid+ y sont actuellement hospitalisés. Soit « moitié moins que lors des pics des deuxième et troisième vagues », observe le médecin. « Si les services de réanimation restent saturés, la différence est qu’il y a beaucoup moins de patients atteints du coronavirus », résume-t-il.

« Le taux de mortalité pour les patients atteints de Delta reste très élevé »

Face à la démultiplication de cas positifs sur le territoire, les admission en services d'hospitalisation conventionnelle ont logiquement augmenté. « L’impression, mais nous restons prudents, est que les patients, pris en charge dans ces services, présentent une forme moins grave de la maladie, ne nécessitant pas d’assistance respiratoire. On pourrait penser qu’Omicron est effectivement moins embêtant que Delta », souligne le médecin.

Si le variant Omicron est désormais majoritaire sur le territoire national et bien plus contagieux que Delta, il ne s’invite pas encore dans les services de réanimation lyonnais, où une seule suspicion du variant Omicron a été enregistrée pour l’instant. « Nous sommes clairement que sur des cas Delta en réanimation », souligne Jean-Christophe Richard. Et de révéler : « Le taux de mortalité pour les patients atteints de Delta et placés en réanimation reste très élevé : 35 %. » Et 50 % pour les personnes intubées.

Une majorité de patients non-vaccinés

Sur les 80 personnes actuellement hospitalisées en réanimation à Lyon, 36 % d’entre elles avaient reçu deux doses de vaccins « depuis le mois de juillet ». Des statistiques qui grimpent au fil des semaines. Certains, une infirme proportion, avaient reçu une troisième dose de rappel. Cela concerne essentiellement des personnes immunodéprimées. Mais la grande majorité des patients, placés en réanimation, reste des personnes non-vaccinées. « Plus de 60 % », appuie Jean-Christophe Richard, insistant sur l’importance de la vaccination. « Je conseille fortement aux gens de le faire. Actuellement 10 % de la population française n’est pas vaccinée mais ils constituent 60 % des cas Covid en réanimation. Si nous sommes arrivés à éradiquer des maladies graves comme la variole ou la polio, c’est grâce à la vaccination » , conclut-il.