Coronavirus : Face à la déferlante Omicron, le Conseil scientifique craint une « désorganisation de la société »

EPIDEMIE En raison d’un nombre extrêmement élevé de contaminations au variant Omicron, il faut s’attendre à une explosion de « l’absentéisme » et des « arrêts de travail »

20 Minutes avec AFP
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Il faut s'attendre à
Il faut s'attendre à — Ludovic Marin / POOL / AFP

L’extrême contagiosité du variant Omicron pourrait entraîner une « désorganisation » de nombreux secteurs en janvier (supermarchés, transports, hôpital, école…) à cause d’une multiplication des arrêts de travail et de l'« absentéisme », a mis en garde jeudi le Conseil scientifique.

Selon cette instance qui conseille le gouvernement, il pourrait devenir nécessaire d’alléger les règles d’isolement afin de limiter cette désorganisation, en prenant en compte le fait qu’Omicron semble entraîner moins de formes sévères du Covid-19.

Une « désorganisation possible » de « services essentiels » en janvier

Il faut s’attendre à « une désorganisation possible d’un certain nombre de services essentiels » en janvier, à cause de « l’absentéisme » et des « arrêts de travail » dus au « très grand nombre de contaminations à Omicron », a averti le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, lors d’un point presse en ligne.

La « fulgurance » de transmission d’Omicron pourrait se traduire en janvier par « plusieurs centaines de milliers » de cas par jour, a renchéri un autre membre du Conseil, Olivier Guérin. Cela va « poser des problèmes sur les secteurs stratégiques de fonctionnement de notre société : la distribution alimentaire, la sécurité, l’énergie, les transports, les communications et la santé », a-t-il poursuivi.

« Des ajustements à faire selon la sévérité des formes cliniques »

Selon le Pr Guérin, « cela nécessite de réfléchir » aux « règles d’éviction » actuelles (jusqu’à 17 jours pour un cas contact).  « C’est une donnée vraiment nouvelle qu’on n’avait pas sur les autres vagues, et qui est liée à la vitesse de propagation d’Omicron », a-t-il ajouté, estimant que « c’est un sujet essentiel ».

« Il y aura des ajustements à faire qui tiendront compte de la sévérité des formes cliniques » de la maladie provoquée par Omicron, a abondé un autre membre du Conseil, le Pr Arnaud Fontanet. Selon lui, ces ajustements pourraient aussi dépendre du niveau de contagiosité de la personne à tel ou tel moment, déterminé par des tests, ainsi que de la « nature des fonctions » qu’elle occupe.

Ces possibles « assouplissements » devront s’accompagner « d’un renforcement des gestes barrières », a dit le Pr Fontanet. « C’est une question qui va toucher l’ensemble de la société » et « il faut s’attendre à ce qu’en janvier, on fonctionne en mode dégradé », a-t-il jugé, en mentionnant également l’école.

Une hausse mathématique des hospitalisations

Selon de premières études préliminaires venues d’Afrique du Sud, d’Ecosse et d’Angleterre, le variant Omicron semble entraîner moins d’hospitalisations que Delta.

Mais dans le même temps, il est beaucoup plus contagieux, ce qui pourrait donc provoquer mathématiquement une hausse du nombre de patients hospitalisés, notamment les non vaccinés et les personnes fragiles.