Vaccination : Au fait, quand les adolescents pourront-ils faire leur rappel ?

CORONAVIRUS Alors que la campagne de rappel bat son plein et que le variant Omicron déferle, la troisième dose ne concerne encore pas les 12-17 ans, mais les choses pourraient changer en janvier

Oihana Gabriel
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Vaccination des adolescents. Illustration
Vaccination des adolescents. Illustration — J. Guez/AFP
  • Tous les Français âgés de plus de 18 ans peuvent faire leur rappel de vaccin contre le Covid-19 depuis début décembre.
  • Les enfants de 5 à 11 ans, eux, devraient pouvoir faire leur première injection dès ce mercredi.
  • Les adolescents – qui pour certains sont vaccinés depuis cinq ou six mois – ont énormément de rapports sociaux mais ne font pour le moment pas partie des personnes qui peuvent recevoir une troisième dose. Les autorités de santé planchent sur la question et devraient rendre leur avis début 2022.

Depuis début décembre, tous les Français âgés de plus de 18 ans peuvent faire une dose de rappel de la vaccination contre le Covid-19. Et dès demain, le mercredi 21 décembre, la campagne de vaccination sera élargie à tous les enfants de 5 à 11 ans. 

Reste un trou dans la raquette : les adolescents. En effet, une grande partie d’entre eux a reçu une première puis une deuxième dose dès l’été. Alors, quid de la campagne de rappel ? 20 Minutes fait le point.

Combien d’adolescents ont un schéma vaccinal complet ?

Selon les chiffres du ministère de la Santé de ce mardi, 4 millions de Français ayant entre 12 et 17 ans ont reçu une ou deux doses, soit 79 % des adolescents. Il reste 1.1 million de Français de 12 à 17 ans qui n'ont reçu aucune injection. 

Quel intérêt y a-t-il à faire le rappel pour les adolescents ?

Les adolescents sont pour certains vaccinés depuis juin, donc depuis six mois. Or, on sait désormais que la protection vis-à-vis du Covid-19 baisse cinq ou six mois après un schéma vaccinal complet. Par ailleurs, l’arrivée du variant Omicron, deux fois plus contagieux que le variant Delta, fait craindre le pire pour les prochaines semaines. Et les 12-17 ans ont énormément de contacts sociaux… et sans doute plus de mal à respecter à la lettre tous les gestes barrières après dix-huit mois de crise. Voilà pourquoi de nombreux parents s’étonnent que leurs ados ne soient pas encore éligibles à la campagne de rappel.


D’autant que ces mineurs participent énormément à la cinquième vague. Selon les chiffres de Santé Publique France, le taux d’incidence s’élevait chez les 10-19 ans, entre le 6 et le 12 décembre, à  624 cas pour 10.000 habitants. Soit avant la déferlante Omicron…

Quand la campagne de rappel pourrait-elle être ouverte aux adolescents ?

« Pour l’instant, les 12-17 ans ne sont pas concernés par la campagne de rappel car l’autorisation de mise sur le marché du Pfizer ne prévoit le rappel qu’à partir de 18 ans, rappelle le ministère de la Santé. Mais c’est un sujet sur lequel on travaille avec les autorités de santé. »

La Haute Autorité de Santé a en effet été saisie par le ministère pour rendre un avis sur la possibilité d’élargir la troisième dose aux 12-17 ans. Et sur la question du délai : faudra-t-il attendre quatre ou six mois ? « Le travail est en cours et on devrait rendre notre avis en début d’année 2022 », nous précise la HAS. Par ailleurs, « l’  Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé a également été saisie quant au rapport bénéfices/risques de la vaccination en rappel des personnes âgées de 12 à 17 ans », ajoute le ministère de la Santé.

Avec quel vaccin les rappels des ados seraient-ils réalisés ?

Uniquement du Pfizer. Après une campagne de primo-vaccination où les adolescents pouvaient recevoir du Pfizer ou du Moderna, la Haute Autorité de Santé a recommandé le 8 novembre de prioriser le Pfizer pour les moins de 30 ans, en raison du risque de myocardite. « Dans la population de moins de 30 ans, ce risque apparaît environ 5 fois moindre pour le vaccin Comirnaty de Pfizer comparativement au vaccin Spikevax de Moderna chez les 12-29 ans, tranche d’âge pour laquelle l’excès de cas par million est le plus élevé (131,6 par million de cas pour Moderna contre 26,7 pour Pfizer) »,  écrivait la HAS en novembre.

Et pas du Novavax ? Si ce vaccin vient d’être autorisé par l’Agence européenne des médicaments (EMA), il ne sera utilisé que pour la primo-vaccination, et uniquement sur les plus de 18 ans.

En revanche, la question de faire le rappel des ados avec un vaccin Pfizer pédiatrique, trois fois moins dosé que celui pour les adultes, se pose. « Les rappels pour les 12-17 ans se feraient a priori avec une dose adulte, mais les avis de la HAS et de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé sont attendus afin de confirmer ce point », nous répond la Direction générale de la Santé.

Y aura-t-il assez de doses ?

Il est déjà relativement compliqué de se procurer actuellement du vaccin Pfizer. Alors si la campagne de rappel devait englober les 4 millions d’adolescents déjà vaccinés, il pourrait y avoir des tensions accrues sur ces doses. « A supposer que les autorités nous disent de vacciner les 12-17 ans en rappel, nous avons les doses disponibles, rassure le ministère. Dans nos modèles, on intègre les décisions potentiellement attendues. Si on avait le feu vert scientifique, on aurait de quoi faire. »

En mettant le nez dans les chiffres, on s’aperçoit que les commandes de vaccins sont en effet pléthoriques. La France attend, toujours selon le ministère, 11,8 millions de doses de Pfizer en janvier, 10,8 millions en février et 9,8 millions en mars. « Dès la première semaine de janvier, 4,2 millions de doses Pfizer devraient être reçues », précise l’entourage d’Olivier Véran. Par ailleurs, il resterait, selon les calculs du ministère, 24 millions de Français auxquels il faut administrer une dose de rappel d’ici au 15 janvier. « Nous disposons de 20 millions de doses [Pfizer et Moderna] en stock », reprend le ministère.

Reste, enfin, la question des bras pour vacciner. Afin de ne pas ralentir le rythme de croisière actuel (957.000 vaccinations vendredi dernier, un record depuis le début de la campagne), le gouvernement mobilise d’autres professionnels qui pourront vacciner ces prochaines semaines : militaires, pompiers, secouristes formés à la vaccination. A voir si cela suffira pour gagner la « course contre la montre » face au Covid-19, selon les mots de Jean Castex.