Coronavirus : Comment passer des fêtes de fin d’année en toute sérénité ?

NOS TIPS Dans un avis du 8 décembre, le Conseil scientifique a livré quelques recommandations pour limiter les risques de contamination à Noël

Manon Aublanc
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On oublie pas, une fois les huîtres finies, on remet son masque !
On oublie pas, une fois les huîtres finies, on remet son masque ! — Pixabay
  • A quelques jours de Noël, la cinquième vague de l’épidémie de coronavirus frappe la France de plein fouet, notamment en raison du variant Omicron.
  • Pour limiter la circulation du virus, le Conseil scientifique a émis, dans un avis publié début décembre, quelques recommandations pour les fêtes de fin d’année.
  • Aération, tests, masques, gestes barrières… On fait le point sur les bons gestes à adopter lors des rassemblements familiaux.

Si l’an dernier, le professeur Rémi Salomon suggérait de faire manger mamie Jeannette et papy Jacques dans la cuisine (ou dans la cave selon vos affinités), cette année, les recommandations des experts pour passer des fêtes de fin d’année apaisées sont moins sévères. Néanmoins, face à la fulgurance du  variant Omicron, quelques précautions sont de mise pour passer  un Noël en toute sérénité. Tests, aération, convives… 20 Minutes (en partenariat avec le Conseil scientifique, mais aussi Jean Castex, Olivier Véran et Santé publique France) vous donne quelques conseils pour minimiser les risques.

Le port du masque

Si manger des huîtres avec son masque n’est pas le plus évident (on vous met au défi), il faudra essayer de le porter au maximum en dehors des repas, ont recommandé les membres du Conseil scientifique dans un avis datant du 8 décembre intitulé « Fin d’année 2021 : comment concilier les enjeux sanitaires et sociétaux » et  publié le 13 décembre sur le site du ministère de la Santé. Et selon Michaël Rochoy, médecin généraliste, chercheur en épidémiologie et membre du collectif « Du côté de la science », « le masque, c’est ce qui marche le mieux. A partir du moment où on l’enlève, on prend un risque ».

L’aération

Alors oui, ce n’est pas écologique, oui, il va faire -10 °C dans le salon, oui, tatie Sylvie va rabâcher quatre fois « on chauffe le jardin », mais on ne le répétera jamais assez (enfin le Conseil scientifique) : il faut « aérer régulièrement les locaux au moins dix minutes toutes les heures ou en permanence si possible pendant l’événement ». « L’aération a un objectif : éliminer la quantité d’aérosol potentiellement contaminée dans l’air, martèle Pascal Crépey, épidémiologiste à l’Ecole des hautes études en santé publique. C’est mieux de faire son Réveillon avec un pull et d’aérer, plutôt que d’être au chaud et de prendre le risque. » D’ailleurs, pour le spécialiste, aérer est plus efficace que porter le masque entre la dinde et la salade.

Respecter les gestes barrières

Comme le disent si bien nos deux poètes, Mc Fly & Carlito, « si l’on veut retrouver ces sensations d’hier, il faut appliquer les gestes barrières ». Et Noël ne fait pas figure d’exception. Alors même si tonton René insiste pour vous faire la bise (toujours dans le respect du consentement), il faut éviter les embrassades. « Pour les personnes fragiles, susceptibles de faire des formes graves, il faut vraiment limiter les contacts. Par exemple, on sait qu’il y a une forte incidence chez les enfants, donc il faut être particulièrement vigilant sur le fait qu’ils ne soient pas contagieux avant de voir les grands-parents et essayer de garder une distance physique », recommande Pascal Crépey.

Noël ou pas, il faut évidemment penser à se laver régulièrement les mains, ajoute le Conseil scientifique, qui note que c’est « à l’occasion de réunions privées » que « les mesures de protection individuelles sont moins bien respectées ». Et évidemment, on essaye de pas tous mettre sa main dans le bol de cacahuètes (ça marche avec n’importe quel aliment).

Limiter le nombre de convives

Si l’an dernier, le gouvernement recommandait d’être six au maximum à table, cette année, pas de consigne particulière. Mais pas question de faire la bamboche pour autant. L’instance qui conseille le gouvernement sur l’épidémie recommande tout de même de « limiter le nombre de participants », sans donner de chiffre. Sur le plateau de RTL Soir, le 1er décembre, Arnaud Fontanet, épidémiologiste de l’Institut Pasteur et membre du Conseil scientifique, ne préconisait « pas plus de 6, si possible » à table.  Ça vous évitera peut-être même d’inviter le fameux tonton René.

Pour Pascal Crépey, la règle est simple : « Plus on est nombreux, plus il y a un risque qu’une personne soit infectée parmi les convives. » Michaël Rochoy, lui, préconise de « limiter les contacts avec les gens qu’on ne voit pas beaucoup », comme votre vieille tante Andrée que vous ne portez pas dans votre cœur, et de « faire Noël avec son cercle proche ».

S’isoler quelques jours avant les fêtes

Alors que le monde n’aspire qu’à boire un bon vin chaud sur le marché de Noël ou à déambuler dans les rues, les yeux pleins d’étoiles face aux décorations, il faut penser néanmoins à limiter ses contacts quelques jours avant les fêtes. Dans son avis, le Conseil scientifique recommande « la diminution du nombre de contacts » les jours précédant les rassemblements. « La semaine avant Noël, il faut prendre des précautions encore plus fortes que d’habitude », abonde Michaël Rochoy.

Une dose de rappel pour les plus fragiles

Pour limiter les risques au maximum, le Conseil scientifique préconise de vérifier que mamie Jeannette et papy Jacques ont « bien reçu leur dose de rappel » (on espère qu’ils s’en souviennent sinon ça ajoute une difficulté de plus). « Les personnes les plus fragiles ou non vaccinées peuvent porter un masque de type FFP2 dès que cela est possible », ajoute l’instance. « Le mieux, c’est que tout le monde ait eu sa dose de rappel. Mais si ce n’est pas le cas, il faut s’assurer que tous les convives soient vaccinés avec au moins deux doses récentes », rappelle Pascal Crépey.

Se tester avant de se rassembler

Pour limiter les risques qu’un des convives soit contaminé, les Français sont invités à « pratiquer un autotest le jour même ou un test antigénique la veille ou le jour même de l’évènement ». Le Conseil scientifique recommande, par exemple, à l’hôte d’acheter des autotests (pour les plus radins, on vous rassure, ça ne coûte que 5 euros) et de les mettre « à disposition dès l’arrivée des participants ». « Si un autotest, fait le matin même, est négatif, il y a très peu de chances que cette personne soit contagieuse au moment du repas », rassure Pascal Crépey. Et si jamais, le test est positif, on récupère ses cadeaux, on fait demi-tour, on rentre chez soi, on pleure toutes les larmes de son corps et on s’enfile le paquet de Ferrero Rocher en entier sans aucun remords.

Attention, les autotests sont réservés aux personnes qui n’ont pas de symptômes ou qui ne sont pas « cas contact », rappelle Mickaël Rochoy, qui préconise pour ces derniers ou les personnes symptomatiques de réaliser un test PCR. « Ce n’est pas une mesure en particulier qui va vous protéger, c’est un ensemble de différentes mesures qui contribue à diminuer le risque », martèle Pascal Crépey. Sur ce, joyeux Noël à tous !