Pesticides : Manger bio et aérer son logement pour réduire son exposition, selon une étude

RECOMMANDATION Santé publique France a étudié l’exposition de milliers d’adultes et d’enfants à plusieurs familles de pesticides présentes dans diverses sources environnementales et alimentaires

20 Minutes avec agences
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Illustration d'un tracteur pulvérisant un pesticide dans un champ.
Illustration d'un tracteur pulvérisant un pesticide dans un champ. — Allili Mourad / SIPA

Des pesticides interdits en France se retrouvent toujours dans nos organismes, selon  une étude publiée ce jeudi par Santé publique France, qui recommande de varier son  alimentation, d’y intégrer des aliments  biologiques et d’aérer son logement. L’agence sanitaire s’est intéressé aux « niveaux d’exposition à cinq familles de pesticides ainsi qu’aux PCB, dioxines et furanes, présents dans de nombreuses sources environnementales et alimentaires », selon un communiqué.

SPF a étudié l’exposition de 2.503 adultes (18-74 ans) et 1.104 enfants (6-17 ans) entre 2014 et 2016 dans le cadre de cette étude dite Esteban. Les PCB étaient des composés chimiques utilisés par l’industrie, avant d’être interdits dans les années 1980. Ils s’accumulent dans l’environnement et une exposition chronique pourrait avoir des effets sur la santé. Les dioxines sont également persistants dans l’environnement, très toxiques et peuvent notamment causer des cancers.

Des pesticides utilisés dans l'agriculture ou le traitement du bois

L’exposition à long terme au furane pourrait endommager le foie. Des pesticides étudiés (organochlorés et organophosphorés) ont été utilisés dans l’agriculture, le traitement du bois ou contre le paludisme avant d’être progressivement interdits car dangereux. Si leurs niveaux ont diminué comparé à une étude précédente de 2006-2007, « certaines expositions à des substances aujourd’hui interdites concernent une part non négligeable de la population », relève SPF. Il s’agit notamment du lindane, un insecticide interdit depuis 1998 dans l’agriculture, qui se retrouve chez « presque 50 % de la population des adultes ou des enfants ».

« Le glyphosate est quantifié chez moins de 20 % des adultes ou des enfants », précise SPF. Ce désherbant classé cancérogène probable continue à être utilisé en France, même si le gouvernement veut en diminuer l’utilisation. Les pesticides organophosphorés sont moins persistants et se retrouvent peu, sauf pour le DMTP. Les sources d’exposition sont diverses : « l’alimentation augmente les imprégnations aux organochlorés, PCB/dioxines/furanes chez les personnes consommant des œufs ou des matières grasses ; aux pyréthrinoïdes, PCB/dioxines/furanes chez les consommateurs de viande bovine », indique SPF.

« Par contre, la consommation de produits issus de l’agriculture biologique diminuait celles en organochlorés, en DMTP (métabolite des organophosphorés), et en pyréthrinoïdes », selon le communiqué. Le tabac et « l’utilisation d’insecticides domestiques à savoir les antiparasitaires sur les animaux domestiques, ceux contre les acariens et ceux contre les insectes volants » peuvent aussi augmenter l’exposition aux pyréthrinoides. SPF recommande d’aérer régulièrement son logement.