Coronavirus : L’agence de sécurité sanitaire demande d’éviter les masques FFP2 au graphène

PRINCIPE DE PRECAUTION Selon l’agence de sécurité sanitaire, il est pour l’instant « impossible d’évaluer le risque pour la santé » du graphène

20 Minutes avec AFP
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Des masques chinois FFP2 (illustration).
Des masques chinois FFP2 (illustration). — Caro / Bastian

Pour se protéger du coronavirus, il va falloir se passer des masques FFP2 au graphène L’utilisation de ceux-ci, déjà provisoirement suspendue en France, doit être évitée par précaution faute de données sur la toxicité de ce matériau synthétique, juge ce mardi l’agence de sécurité sanitaire Anses.

« L'Anses recommande aux autorités publiques de privilégier la mise sur le marché ou la mise à disposition de masques sans graphène », indique l’agence après une expertise demandée par la Direction générale de la Santé.

Pas de risque selon le Canada

En avril, le Canada avait été le premier pays à mettre en évidence les risques potentiels des masques FFP2 (ou KN95, l’équivalent nord-américain) contenant du graphène. Il avait retiré par précaution les masques avec ce matériau fabriqués par la société chinoise Shandong Shengquan New Materials, alors soupçonnés de pouvoir provoquer des problèmes pulmonaires. Après analyse, le Canada avait finalement réautorisé ces masques en juillet, estimant qu’ils ne présentaient pas de risque avéré.

Entretemps, les autorités françaises avaient demandé en mai de ne plus utiliser les masques FFP2 au graphène, distribués en particulier aux professionnels de santé​. Cette suspension avait été décidée en attendant l’évaluation des risques par l’Anses. Bien que les données disponibles « ne mettent pas en évidence de situations d’exposition préoccupantes », l’Anses juge désormais « impossible d’évaluer le risque pour la santé ». Elle note en effet un « manque d’information sur le graphène utilisé par les fabricants et sur la toxicité de cette substance, en particulier à long terme ». C’est pourquoi elle estime préférable d’éviter ce type de masques par précaution.

Par ailleurs, dans un avis distinct, l’Anses s’est penchée sur les masques chirurgicaux utilisés par le grand public. Le but était d’évaluer les éventuels risques liés à la présence de substances chimiques et leur inhalation ou contact avec la peau. Cette expertise a donné des « résultats rassurants » si les masques sont utilisés conformément aux instructions. « Les expositions aux substances chimiques retrouvées dans les masques ne dépassent pas les seuils sanitaires, aussi bien pour les adultes que pour les enfants », selon l’Anses. Cette expertise a été menée sur plusieurs dizaines de références de masques chirurgicaux destinés au grand public, prélevées par la DGCCRF (répression des fraudes) en 2020 puis 2021.