Coronavirus : Il y aurait plus de risques de réinfection avec le variant Omicron, selon l’OMS

EPIDEMIE ​Pfizer et BioNTech ont insisté sur l’efficacité de leur vaccin actuel contre le variant Omicron

M.F avec AFP
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Puseletso Lesofi se prépare à séquencer des échantillons d'omicron COVID-19 au Centre de recherche de Ndlovu à Elandsdoorn, Afrique du Sud, le mercredi 8 décembre 2021. Le centre fait partie du Réseau de surveillance génomique en Afrique du Sud, qui a découvert la variante omicron.
Puseletso Lesofi se prépare à séquencer des échantillons d'omicron COVID-19 au Centre de recherche de Ndlovu à Elandsdoorn, Afrique du Sud, le mercredi 8 décembre 2021. Le centre fait partie du Réseau de surveillance génomique en Afrique du Sud, qui a découvert la variante omicron. — Jerome Delay/AP/SIPA

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) en sait un peu plus sur la dangerosité d' Omicron. « Des données préliminaires venant d’ Afrique du Sud suggèrent un risque de réinfection » des personnes guéries de la maladie ou vaccinées « plus élevé avec Omicron », a ainsi annoncé l’organisation mercredi. Son patron Tedros Adhanom Ghebreyesus reste cependant prudent et précise que « davantage de données sont nécessaires » pour tirer des conclusions plus fermes.

« Il y a aussi des éléments qui laissent à penser qu’Omicron provoque des symptômes moins graves que Delta – actuellement le variant le plus répandu –, mais là aussi il est trop tôt pour en être certain », a-t-il ajouté.

« Une troisième dose va réduire le risque d’infection »

Pfizer et BioNTech ont de leur côté insisté sur l’efficacité de leur vaccin actuel contre le variant Omicron. Ces annonces ont été précédées par celles de scientifiques de haut rang de l’OMS et de la Maison Blanche, selon lesquels les vaccins existants contre le Covid-19 demeurent a priori pertinents face à ce variant, dont la récente découverte en Afrique du Sud suscite un vent de panique.

La virologue américaine Angela Rasmussen a estimé que les premières données publiées par Pfizer et d’autres études indépendantes étaient « au moins encourageantes ». « Une troisième dose va réduire le risque d’infection survenant chez les personnes vaccinées », a-t-elle dit. Elle a toutefois incité à la prudence, les niveaux d’anticorps, seuls mesurés ici, n’étant pas l’unique manière de contrer la maladie. Ainsi, « la question à laquelle on ne peut pas encore répondre est l’impact sur la gravité de la maladie » causée par Omicron, a-t-elle souligné.

Quelle efficacité pour les vaccins ?

Selon l’Africa Health Research Institute (AHRI), un organisme sud-africain ayant patronné l’une des premières études sur la résistance aux vaccins d’Omicron, celui-ci « échappe en partie à l’immunité conférée » par le vaccin Pfizer. « Le comportement général que nous observons jusqu’à présent ne montre aucune augmentation de la sévérité (de la maladie). De fait, certains endroits en Afrique australe font état de symptômes plus légers », a souligné le docteur Michael Ryan, responsable des urgences de l’OMS.

Omicron est cependant « clairement hautement transmissible », probablement davantage que Delta, a reconnu le Dr Fauci. Il n’est par ailleurs « probablement pas suffisamment neutralisé après deux doses », ont admis mercredi les groupes Pfizer et BioNTech. Mais « le vaccin est toujours efficace contre le Covid-19 (…) s’il a été administré trois fois », ont-ils déclaré, sur la base d’études non publiées. Les deux laboratoires ont malgré tout fait savoir qu’ils allaient « poursuivre la mise au point d’un vaccin spécifique » contre Omicron, espérant « le rendre disponible d’ici à mars au cas où une adaptation serait nécessaire ».