Coronavirus : Doses de rappel, visites, fêtes… Comment les Ehpad traversent la 5e vague

EPIDEMIE Grâce à la haute couverture vaccinale, ces établissements traversent sereinement cette cinquième vague épidémique, qui les épargne

Anissa Boumediene
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Grâce à une couverture vaccinale élevée, les Ehpad sont épargnés par le coronavirus qui en est à sa cinquième vague épidémique.
Grâce à une couverture vaccinale élevée, les Ehpad sont épargnés par le coronavirus qui en est à sa cinquième vague épidémique. — Bony/SIPA
  • Alors que la France subit actuellement une cinquième vague épidémique de coronavirus, les Ehpad, grâce à la vaccination anti-Covid, sont protégés du virus.
  • A ce jour, et en pleine campagne pour la dose de rappel, seules quelques contaminations avec des formes asymptomatiques ou modérées sont recensées, permettant d’aborder avec sérénité les fêtes de fin d’année.
  • Mais la couverture vaccinale doit encore progresser, parmi les résidents et les personnels qui travaillent à leurs côtés.

​On n’avait pas envie d’y croire, elle est pourtant bien là. Elle, la cinquième vague de coronavirus, qui fait planer une ombre peu réjouissante sur les fêtes de fin d’année. Lundi, à l’issue d’un Conseil de défense sanitaire, le Premier ministre a annoncé une série de mesures et « d’efforts proportionnés » pour passer ce rebond d’ampleur. Heureusement, « ni jauge, ni couvre-feu, ni confinement » ne sont à ce jour envisagés. Le gouvernement a en revanche appelé la population à ne pas relâcher les gestes barrières et à recevoir sa dose de rappel.

Et contrairement à un an plus tôt, aucune restriction n’est à l’ordre du jour dans les Ehpad, grâce à une couverture vaccinale élevée dans ces établissements. Campagne pour la dose booster, visites des proches, activités festives : comment conjuguent-ils les fêtes de fin d’année au temps de la cinquième vague ?

« L’écosystème le mieux protégé de France » grâce au vaccin

Depuis l’arrivée de la vaccination anti-Covid, dans les Ehpad, c’est le jour et la nuit. Ou plutôt le jour après la nuit. Car si ces établissements accueillant des personnes âgées dépendantes ont payé un très lourd tribut durant les deux premières vagues, le lancement fin 2020 de la campagne vaccinale a changé la donne. « Au 30 novembre, 94 % des résidents en Ehpad ou USLD (unité de soins de longue durée) avaient reçu au moins une dose de vaccin, 92,6 % étaient complètement vaccinés », indique Santé publique France. Et à ce jour, « près de 60 % des résidents d’Ehpad ont reçu leur dose de rappel, dans le cadre de la campagne lancée dès le mois de septembre », a indiqué Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du  Synerpa, le syndicat des Ehpad privés, ce mardi lors d’une conférence de presse.

Conséquence : « nous constatons que ce dispositif fonctionne, puisque dans nos établissements, le Covid-19 réapparaît, mais toujours dans des formes asymptomatiques ou modérées, et peu de difficultés sanitaires sont relevées », a rassuré Florence Arnaiz-Maumé. Ainsi, « les Ehpad constituent à ce jour l’écosystème le mieux protégé de France, par l’effet du vaccin, entre la vaccination obligatoire des salariés et la campagne pour la dose booster des résidents, et les mesures barrières, observe Yann Reboulleau, dirigeant de Philogeris Résidences, un groupe d’une douzaine d’Ehpad. On a vu les effets radicaux de la vaccination dès la troisième vague, qui n’a pas touché les Ehpad. Et dans cette cinquième vague, le virus n’est presque plus un sujet, il ne cause presque plus de décès. Mais évidemment, nous restons vigilants ».

Une vigilance qui passe encore et toujours par une campagne vaccinale active, alors qu’environ 40 % des résidents n’ont, mathématiquement, toujours pas reçu cette dose de rappel. « Nous voulons maintenir cette politique dynamique de vaccination et de faire progresser les chiffres de la dose de rappel », a ajouté Florence Arnaiz-Maumé. Des chiffres qui pourraient paraître faibles, mais qui s’expliquent par « l’arrivée de nouveaux résidents vaccinés tardivement, et qui ne sont donc pas encore éligibles à la dose de rappel », a-t-elle souligné. « Pour eux, la dose de rappel, prévue cinq mois après la dernière dose, n’est pas encore indiquée, mais elle leur sera administrée dès les prochaines semaines », abonde Yann Reboulleau.

Des visiteurs vigilants et soumis au pass sanitaire

Avec cette couverture vaccinale si haute, « les résidents sont à jour de leur pass sanitaire », sourit Yann Reboulleau. Et pour maintenir autour d’eux cette bulle de protection, les « visiteurs sont soumis au pass sanitaire, a rappelé Florence Arnaiz-Maumé. Un pass qui devra obligatoirement comprendre la dose de rappel pour les plus de 65 ans à partir du 15 décembre, et à partir du 15 janvier pour la population générale » de plus de 18 ans.

Après des mois de restrictions sévères au plus fort des deux premières vagues, « de manière générale, les visiteurs sont très sensibilisés à la vaccination et se sont fait vacciner dès qu’ils ont pu, observe Yann Reboulleau. Depuis l’entrée en vigueur du pass sanitaire en août, je n’ai pas eu de problème, et les enfants qui viennent rendre visite à leurs aînés sont très soucieux de les protéger et portent le masque sans aucun souci ».

Le « souci » qui pourrait se profiler dans les semaines à venir, c’est que la dose booster ne prenne pas au sein des personnels d’Ehpad. A ce jour, « environ 15 % l’ont reçu », principalement ceux qui avaient commencé leur schéma vaccinal relativement tôt, a précisé Florence Arnaiz-Maumé. Depuis le 15 octobre, les salariés des Ehpad ne sont tenus qu’à avoir reçu deux doses, sous peine de ne plus pouvoir travailler. Pour l’heure, les pouvoirs publics n’ont pas prévu de les contraindre à la troisième dose, a-t-elle déploré. La question se posera différemment quand les salariés plus réticents à la vaccination, qui ont attendu l’automne pour recevoir leurs deux premières doses, seront concernés, a-t-elle analysé.

Maintenir des fêtes de fin d’année en toute sérénité

Cette question d’une éventuelle obligation vaccinale est d’autant plus centrale qu’en ce mois de décembre, « il y a un enjeu la fin d’année : nous souhaitons pouvoir maintenir les fêtes de Noël », a insisté Florence Arnaiz-Maumé, rappelant que depuis la fin du printemps, « nous sommes revenus à la normale au niveau des animations et des visites ».

Et à moins de trois semaines du réveillon, une chose est sûre : « dans les Ehpad, on ne va pas gâcher Noël ! On a d’ailleurs prévu un programme comme avant le Covid-19, avec des animations, des repas de fêtes, confirme Yann Reboulleau. Les familles pourront venir voir leurs proches, et les résidents pourront passer les fêtes dans leur famille ». Après un Noël 2020 bien moins joyeux, « nous avons très à cœur de maintenir nos Ehpad ouverts pour les fêtes, toujours dans le respect des gestes barrières », déclarent Yann Reboulleau et Florence Arnaiz-Maumé.

A ce jour en France, 10 millions de Français ont reçu leur dose de rappel.