Vaccination à Marseille : Un vaccinodrome rouvre pour faire face à la hausse des demandes

EPIDEMIE A Marseille, c’est le retour des vaccinodromes à grande échelle pour faire face à une demande exponentielle, liée au rappel vaccinal

Mathilde Ceilles
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Le vaccinodrome du Parc Chanot lors de son ouverture le 1er décembre 2021 à Marseille
Le vaccinodrome du Parc Chanot lors de son ouverture le 1er décembre 2021 à Marseille — Daniel Cole / AP / SIPA
  • Après des semaines de relative accalmie, la demande de vaccins à Marseille est repartie à la hausse, si bien que plusieurs centres sont pleins pour les prochains jours.
  • Cette hausse est liée au rappel vaccinal désormais exigé par le gouvernement pour bénéficier d’un pass sanitaire valide.
  • Face à cette situation, la ville de Marseille a notamment rouvert un centre de vaccination de grande ampleur.

En ce mercredi après-midi, Mickaël est un des rares à s’être présenté un peu par hasard au Parc Chanot, où une longue file d’attente s’est formée. « Je suis Aixois, et j’étais au restaurant à côté, explique-t-il. Quand j’ai appris que la ville de Marseille avait ouvert un vaccinodrome​, je me suis dit que j’allais tenter ma chance ! »

A l’intérieur de ce vaste vaccinodrome, qui a ouvert ses portes ce mercredi, les mêmes scènes que l’on a pu voir lors de précédentes campagnes chez son frère jumeau niché dans une autre aile du Parc Chanot, et fermé depuis des mois, faute de demande. Seules les guirlandes au-dessus des panneaux signalétiques et les sapins de Noël en plastique disposés çà et là rappellent que l’été est passé… mais que la crise sanitaire est toujours là.

Des centres d’ores et déjà pleins

Ce nouvel espace a été ouvert quelques jours après la fermeture d’un autre vaccinodrome, au sein du gymnase Teisseire, dans le 9e arrondissement « Ce gymnase était engagé sur l’accueil de manifestations publiques, justifie la première adjointe au maire en charge de la santé, Michèle Rubirola. A Teisseire, on déplorait jusqu’à peu qu’il n’y avait pas assez de monde. On a fermé des lignes. On était en capacité d’accueillir 500 personnes par jour sans problème, mais on fonctionnait plus à 100 ou 200 personnes en général. »

La tendance s’est toutefois inversée en quelques jours seulement, après la prise de parole d’Olivier Véran annonçant la troisième dose obligatoire pour pouvoir bénéficier du pass sanitaire. S’en est suivie une ruée sur les rendez-vous, aux effets bien visibles : impossible de décrocher le moindre créneau à l’heure actuelle dans le centre de vaccination d’Arenc, mis sur pied par le département et d’une capacité quotidienne de 100 personnes, ou dans celui de Mazenod, également départemental, et pouvant vacciner jusqu’à 230 personnes par jour.

Une majorité de troisième dose

Même dans le vaccinodrome du Parc Chanot, qui peut accueillir jusqu’à 2.500 personnes par jour, le nouveau souffle vaccinal est perceptible. « Sur les dix prochaines journées, c’est complet pour les créneaux sur rendez-vous, à raison de 2.000 personnes, détaille Thierry Zaveroni, responsable des centres de vaccination de la ville de Marseille. On prend quand même des sans rendez-vous, à raison de 500 par jour. On est complet globalement dans le centre de Grand Littoral à 500 par jour, et on augmente à 750 le jeudi et le samedi. » A cela s’ajoute le centre de vaccination situé rue Louis Astruc, dans le 5e arrondissement, d’une jauge quotidienne de 300 personnes. Des capacités d’accueil qui, excepté ce dernier stand, pourraient être rapidement augmentées pour répondre à la demande.

Inciter à la première dose dans les quartiers Nord

Car en ce premier jour d’activité, pas moins de 1.700 rendez-vous sur les 2.000 pris concernent des doses de rappel. « Nous avons quand même 15 % de primo-vaccinés », souligne Thierry Zaveroni. Un chiffre qui n’est pas un détail, dans une ville où la couverture vaccinale est très faible, notamment dans les quartiers Nord. « Il y a moins de 45 % de personnes qui sont vaccinées dans le 15e arrondissement, le 14e et le 3e, rappelle Michèle Rubirola. Il y a donc tout ce retard à rattraper ! Les troisièmes doses, à la limite, c’était presque une routine, parce que les gens étaient déjà décidés à venir. Là, il faut qu’on aille vraiment vers ceux qui n’avaient pas les capacités, ou qui étaient d’abord réfractaires. »

En partenariat avec la ville, l’assistance publique des Hôpitaux de Marseille a d’ailleurs ouvert un centre de vaccination éphémère dans la cité des Aygalades, opérationnel tous les jeudis après-midi. « On fait depuis trois semaines une action un lundi sur trois à la caisse d’assurance maladie de Saint-Louis, ajoute Thierry Zaveroni. On va au plus près des populations qui ont du mal à faire un choix sur la vaccination. L’entretien médical est alors beaucoup plus long, et les médecins font preuve de pédagogie. Lundi, on a fait plus de 80 vaccinations sur ce centre-là. »