Coronavirus : Face au variant Omicron, l’OMS demande aux Etats membres d’adopter une riposte « rationnelle »

EPIDEMIE Selon l’Organisation, des mesures générales et brutales anti-Covid ne seront pas efficaces et ne feront qu’aggraver les inégalités

M.F avec AFP
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Tedros Adhanom Ghebreyesus, chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS)
Tedros Adhanom Ghebreyesus, chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) — Russian Foreign Ministry/TASS/Si/SIPA

Alors que le nouveau variant du Coronavirus sème la panique depuis son identification il y a quelques jours par l’Afrique du Sud, l’OMS appelle à l’apaisement. « La réponse mondiale doit être calme, coordonnée et cohérente », a plaidé le chef de l’Organisation mondiale de la santé Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une séance d’informations aux Etats membres sur Omicron, au siège de l’OMS à Genève.

« Je comprends bien le souci de tous les pays de protéger leurs citoyens contre un variant que nous ne comprenons pas encore parfaitement. Mais je suis tout aussi préoccupé par le fait que plusieurs Etats membres introduisent des mesures générales et brutales qui ne sont ni fondées sur des preuves ni efficaces en soi, et qui ne feront qu’aggraver les inégalités », a-t-il asséné alors que de nombreux pays ont fermé leurs frontières aux voyageurs arrivant de pays d’Afrique Australe.

Des mesures proportionnelles au risque

« Nous appelons tous les Etats membres à prendre des mesures rationnelles et proportionnelles au risque, conformément au Règlement sanitaire international », l’instrument juridique de référence pour l’OMS et ses pays signataires, a ajouté Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Le chef de l’OMS a souligné que l’organisation « prend cette évolution très au sérieux » et a appelé les Etats membres à en faire de même. Mais il a souligné qu’il ne fallait « pas être surpris » par cette évolution : « C’est ce que font les virus. » « Plus nous laissons la pandémie s’éterniser – en ne remédiant pas aux inégalités en matière d’accès aux vaccins ou en ne mettant pas en œuvre des mesures sociales et de santé publique de manière adaptée et cohérente – plus nous donnons à ce virus la possibilité de muter d’une manière que nous ne pouvons ni anticiper ni empêcher », a soutenu le Dr Tedros.

Signalée initialement en Afrique australe la semaine dernière, cette nouvelle souche a été détectée sur tous les continents. Tedros Adhanom Ghebreyesus a remercié « le Botswana et l’Afrique du Sud d’avoir détecté, séquencé et signalé ce variant aussi rapidement », et s’est dit « profondément préoccupé par le fait que ces pays sont maintenant pénalisés par d’autres pour avoir fait ce qu’il fallait ».