Coronavirus : Comment vont s’organiser les tests des élèves en école primaire ?

CINQUIEME VAGUE Jean-Michel Blanquer a annoncé ce jeudi midi que la règle du « un cas = classe fermée » laisserait place à un dépistage de toute la classe au primaire pour éviter de multiplier les fermetures

Xavier Regnier
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Il faudra bientôt montrer un test négatif pour revenir en classe après la découverte d'un cas.
Il faudra bientôt montrer un test négatif pour revenir en classe après la découverte d'un cas. — MATHIEU PATTIER/SIPA
  • En marge des mesures visant à lutter contre la cinquième vague de Covid-19 annoncées par Olivier Véran, Jean-Michel Blanquer a détaillé l’adaptation du protocole sanitaire à l’école primaire ce jeudi midi.
  • Au lieu de fermer une classe dès qu’un cas positif y sera détecté, l’ensemble des élèves devra être testé. Seuls ceux qui présenteront un test négatif pourront revenir en cours.
  • Lors de l’annonce, le ministre a laissé planer un doute sur l’entrée en vigueur exacte de ce nouveau dispositif. La responsabilité de faire réaliser ces tests est également floue, reposant autant sur l’école que sur les parents.

EDIT du 26 novembre : Cet article a été complété avec les précisions apportées par Jean-Michel Blanquer sur France Inter

En marge des mesures annoncées par Olivier Véran pour endiguer la cinquième vague de l’épidémie de coronavirus, Jean-Michel Blanquer a pris la parole ce jeudi midi. Le ministre de l’Education Nationale a indiqué que la règle du « un cas positif = classe fermée » dans le primaire serait remplacée par des tests pour toute la classe, seuls les élèves positifs étant ensuite maintenus à l’isolement. 20 Minutes vous dit tout sur le fonctionnement de cette nouvelle mesure.

Quand cette mesure sera-t-elle mise en place ?

Les services du ministère ont indiqué à 20 Minutes une mise en place progressive du dispositif dans le courant de la semaine prochaine, avec pour objectif une généralisation effective le 6 décembre. « Les règles seront précisées au début de la semaine, pour laisser le temps aux établissements de s’organiser », indique-t-on.

Il faut noter que, depuis mi-octobre, dix départements expérimentent déjà le dépistage systématique dans la classe dès qu’un élève est testé positif au coronavirus : l’Aisne, l’Ariège, la Côte-d’Or, les Landes, la Manche, le Morbihan, la Moselle, le Rhône, le Val-d’Oise et le Var. Si les données précises sur l’impact de ce dispositif ne seront disponibles que la semaine prochaine, il a visiblement convaincu le gouvernement de l’adopter.

Qui devra faire tester les élèves ?

Flou sur ce point durant la conférence de presse, évoquant d’abord des campagnes de tests dans les écoles, avant de pointer la responsabilité des parents, Jean-Michel Blanquer a précisé sa pensée sur France Inter vendredi matin. Sur le principe, « c’est aux parents de faire le test » puis de le présenter à l’école. Mais « dans certains cas, les tests dans les écoles continueront ». Jeudi, les services du ministère nous indiquaient que cela dépendait de « la capacité des laboratoires à fournir les résultats rapidement ».

Ce point agace particulièrement les syndicats, qui anticipent les problèmes d’organisation que cela suppose. « Ce n’est pas toujours facile selon les horaires de travail et l’heure à laquelle rentre l’élève », souligne auprès de 20 Minutes Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CDFT. En région parisienne, « passé le périphérique, c’est dur de faire un test PCR sans rendez-vous », ajoute-t-elle.

D’autant plus qu’avec les autres mesures annoncées par Olivier Véran, notamment le passage de la validité du test PCR pour un pass sanitaire de 72 à 24 heures, « il y a fort à parier que le nombre de tests dans la population globale va augmenter », relève la syndicaliste. Ce qui réduira d’autant la capacité des laboratoires à dépister des classes entières.

Quel type de test sera valable ?

Là encore, le ministère veut se laisser le temps de donner des précisions, mais indique qu’il faudra présenter le résultat d’un test « soit PCR, soit antigénique ». « On demande que ça ne soit que des tests PCR, car il y a beaucoup de faux négatifs avec les tests antigéniques », martèle Catherine Nave-Bekhti. Dans tous les cas, Jean-Michel Blanquer a rappelé que les tests étaient « gratuits pour les mineurs ». De plus, « c’est bien le test qu’il faut présenter, et non plus une déclaration sur l’honneur », comme cela était autorisé, a précisé le ministre sur France Inter.

Comment s’organisera le retour en classe après la découverte d’un cas positif ?

Quand un cas positif parmi les élèves sera confirmé, « la classe sera fermée, et les élèves reviendront à partir du moment où ils auront le résultat de leur test », explique le ministère. Si le test est de la responsabilité des parents, tous les élèves pourraient donc ne pas revenir au même moment. A moins que les écoles coordonnent le retour en classe, si cette option est incluse dans les précisions du ministère attendues la semaine prochaine. Pour les 8.890 classes fermées ce vendredi, soit « 1,7 % des classes », « elles restent dans le système actuel », précise Jean-Michel Blanquer sur France Inter.

A court terme, les classes seraient ainsi toujours fermées au premier cas confirmé si les laboratoires sont dans l’incapacité de réaliser les tests assez rapidement. Lors de l’expérimentation, la règle du « un cas = classe fermée » était d’ailleurs toujours appliquée localement quand la campagne de test ne pouvait pas être organisée par l’école, et le SNUipp-FSU relève que 179 classes étaient fermées dans le Rhône mercredi.