Coronavirus : Un nouveau variant détecté en Afrique du Sud

PANDEMIE Il constitue « une source de préoccupation » dans le pays, selon les scientifiques

20 Minutes avec AFP
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Covid-19: Un nouveau variant potentiellement très contagieux détecté en Afrique du Sud — 20 Minutes

L’impression de remonter le temps. Un nouveau variant du Covid-19 a été détecté en Afrique du Sud, ont annoncé ce jeudi des scientifiques.

« Nous avons malheureusement détecté un nouveau variant qui constitue une source de préoccupation (dans le pays) », a ainsi déclaré le virologue Tulio de Oliveira, lors d’une conférence de presse.

Un nombre « extrêmement élevé » de mutations

Le variant B.1.1.529 présente un nombre « extrêmement élevé » de mutations et « nous pouvons voir qu’il a un potentiel de propagation très rapide », a déclaré le virologue Tulio de Oliveira, lors d’une conférence de presse en ligne chapeautée par le ministère de la Santé.

Son équipe de l’institut de recherche KRISP, adossé à l’Université du Kwazulu-Natal, avait déjà découvert l’année dernière le variant Beta, très contagieux.

Les métamorphoses du virus initial peuvent potentiellement le rendre plus transmissible, jusqu’à rendre le variant dominant : cela a été le cas avec le variant Delta découvert initialement en Inde, et qui selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a réduit à 40 % l’efficacité des vaccins anti-Covid contre la transmission de la maladie.

Un risque d’échappement immunitaire

A ce stade, les scientifiques sud-africains ne sont pas certains de l’efficacité des vaccins existants contre la nouvelle forme du virus.

« Ce qui nous préoccupe, c’est que ce variant pourrait non seulement avoir une capacité de transmission accrue, mais aussi être capable de contourner certaines parties de notre système immunitaire », a déclaré un autre chercheur, le professeur Richard Lessells.

A ce jour, 22 cas ont été signalés, touchant principalement des jeunes, selon l’Institut national des maladies transmissibles (NICD). Des cas ont également été signalés au Botswana voisin et à Hong Kong, sur une personne de retour d’un voyage en Afrique du Sud.

« Suivre de près » ce nouveau variant

L’OMS a déclaré « suivre de près » ce nouveau variant et doit se réunir vendredi pour déterminer sa dangerosité.

« Il existe de nombreux variants mais certains n’ont pas de conséquence sur la progression de l’épidémie », a tempéré lors d’une conférence de presse John Nkengasong, du Centre de contrôle et de prévention des maladies de l’Union africaine (Africa CDC).

« Menace majeure »

Les structures de santé doivent s’attendre à une nouvelle vague de malades dans les prochains jours ou prochaines semaines, ont mis en garde les scientifiques.

L’Afrique du Sud a connu une nouvelle hausse des contaminations ces dernières semaines. D’abord attribuée au variant Delta, cette augmentation « exponentielle » est plutôt causée par la dernière forme mutée, qui représente « une menace majeure », a déclaré le ministre de la Santé, Joe Phaahla. Son apparition « renforce le fait que cet ennemi invisible auquel nous avons affaire est très imprévisible », a-t-il ajouté.

Selon les scientifiques, le nouveau variant B.1.1.529 présente au moins dix mutations, contre deux pour le Delta. « Le souci, c’est que lorsque vous avez autant de mutations, cela peut avoir un impact sur la façon dont le virus se comporte », a déclaré Maria Van Kerkhove, responsable technique de l’OMS pour le Covid-19, lors d’un point de presse en ligne.

Des semaines « pour comprendre l’impact de ce variant »

« Il nous faudra quelques semaines pour comprendre l’impact de ce variant sur tout vaccin potentiel », a-t-elle ajouté.

Les autorités redoutent une nouvelle vague de pandémie d’ici la fin de l’année. Plus de 1.200 nouveaux cas en 24 heures ont été enregistrés mercredi, contre une centaine au début du mois.

L’Afrique du Sud est officiellement le pays africain le plus touché par le virus : elle compte près de 2,93 millions de cas et plus de 89.500 décès. A ce jour, 41 % des adultes éligibles ont reçu au moins une dose de vaccin​, et 35 % sont totalement vaccinés.