Coronavirus : La contamination de Jean Castex ne prouve pas l'inefficacité du vaccin, selon des épidémiologistes

EPIDEMIE Les vaccins anti-Covid protègent dans l’ensemble plus efficacement et plus durablement du risque de maladie grave que du risque d’infection

M.F avec AFP
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La contamination au Coronavirus de Jean Castex malgré sa vaccination utilisée comme argument par lesux anti-vaccin.
La contamination au Coronavirus de Jean Castex malgré sa vaccination utilisée comme argument par lesux anti-vaccin. — ISOPIX/SIPA

Après l’annonce lundi du test positif au Coronavirus de Jean Castex, les réactions sur les réseaux sociaux ne se sont pas fait attendre. De nombreux internautes, majoritairement opposés au vaccin ou à un pass sanitaire jugé liberticide, ont dénoncé sur Twitter « la preuve » de l’inefficacité des injections, puisque le Premier ministre était vacciné. « Le vaccin ne l’a pas protégé… "Tous vaccinés, tous protégés", ce slogan n’est pas vérité… Que de mensonges », a réagi ainsi l’un d’entre eux sur Twitter, dont le message a été retweeté depuis, plus de 5.700 fois.

Un avis partagé par le collectif Carton Jaune, qui se présente comme un collectif de Gilets jaunes. « Jean Castex est positif au Covid-19 et s’isole. Il a pourtant le #PassSanitaire et 2 doses de vaccin… Preuve que ce pass sanitaire et cette vaccination ne protègent pas ni n’empêchent d’attraper cette maladie, et poussent à multiplier les contacts. Le Pass nous met en danger ! », a estimé le groupe sur son compte Twitter. Côté politiques, le président du parti UPR François Asselineau, qui a battu le pavé à plusieurs reprises ces derniers mois pour dénoncer « la dictature sanitaire », s’est engouffré dans la brèche dès lundi soir, en questionnant « l’efficacité » des injections.

Un vaccin efficace à 90 % contre les formes graves

Sauf que, comme le répètent les épidémiologistes depuis le début de la campagne vaccinale contre le Covid-19, la vaccination n’empêche pas d’avoir le coronavirus. « Les vaccins protègent dans l’ensemble plus efficacement et plus durablement du risque de maladie grave que du risque d’infection », explique Catherine Hill, épidémiologiste à l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif. La contamination du Premier ministre en dépit de ses deux doses de vaccin n’a donc rien d’anormal, souligne-t-elle.

« L’efficacité du vaccin est de 90 % contre les formes graves , mais seulement environ de 50 % contre l’infection », abonde Dominique Costagliola, épidémiologiste et directrice de recherche à l’Inserm.

L’efficacité du vaccin n’est pas la même selon les risques

Depuis le début de l’épidémie et de la campagne de vaccination, les épidémiologistes rappellent que les vaccins développés à ce jour ne peuvent pas empêcher totalement la circulation du coronavirus. L’absence d’efficacité à 100 % des vaccins est d’ailleurs reconnue par les fabricants eux-mêmes et par les gouvernements, qui insistent sur l’importance des gestes barrières, même chez les personnes vaccinées.

« L’efficacité du vaccin, ce n’est pas la même en fonction du risque qu’on cherche à réduire », explique Catherine Hill. Il y a une efficacité « pour éviter d’être infectés », une autre « pour éviter d’avoir une maladie symptomatique », une autre encore « pour éviter d’aller en réanimation ». « Ce ne sont pas les mêmes chiffres, ça dépend du critère. En ce moment en France, la grande majorité des infections, notamment graves, se produisent chez des personnes non vaccinées », relève-t-elle. « Dans ce contexte, l’urgence est d’améliorer la couverture vaccinale pour toucher les personnes non vaccinées de plus de douze ans ».

Pointés du doigt par leurs détracteurs, les effets indésirables graves des vaccins anti-Covid restent rares et surveillés par les agences de pharmacovigilance qui ont mis à jour, à plusieurs reprises, la liste des effets secondaires.