Rennes : Covid, urgences saturées, pénurie de personnel… Le CHU ne sait plus où donner de la tête

SANTE Face à la dégradation sanitaire, le CHU Pontchaillou à Rennes a été contraint de déclencher son plan blanc

Jérôme Gicquel
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L'une des entrées du CHU Pontchaillou à Rennes. Ici le 13 mars 2020 lors de l'épidémie de coronavirus.
L'une des entrées du CHU Pontchaillou à Rennes. Ici le 13 mars 2020 lors de l'épidémie de coronavirus. — C. Allain / 20 Minutes
  • Comme plusieurs établissements en France, le CHU de Rennes a été contraint de déclencher son plan blanc ces derniers jours.
  • L’hôpital doit faire face à une flambée des hospitalisations liées au Covid, alors que le taux d’incidence a triplé en un mois dans la métropole.
  • Les services des urgences sont également saturés, et la pénurie de soignants se fait ressentir.

Des services saturés, des personnels épuisés et d’immenses difficultés à recruter. A l’approche des fêtes, la situation n’a rien de joyeuse en ce moment au CHU Pontchaillou à Rennes, qui a été contraint il y a quelques jours de déclencher son plan blanc. « Nous sommes très inquiets pour les semaines qui viennent », assure le professeur Louis Soulat, chef des urgences. Comme partout sur le territoire, l’établissement rennais doit faire à une poussée fulgurante de l’épidémie de Covid-19 depuis plusieurs jours. En un mois, le taux d’incidence a ainsi triplé dans la métropole rennaise, passant de 59 cas pour 100.000 habitants le 26 octobre à 180 cas aujourd’hui.

Cette flambée des cas s’accompagne d’une hausse des hospitalisations, qui ont doublé en quelques jours. « Quarante-cinq patients Covid sont aujourd’hui hospitalisés, dont dix-huit en soins critiques », précise Véronique Anatole-Touzet, directrice générale du CHU. On est encore loin du pic de la première vague, où le chiffre de 140 patients hospitalisés avait été atteint. « Nous ne sommes pas autant en difficulté, mais l’hôpital étant sous tension avec une pénurie de soignants, cela peut vite faire très mal », alerte le professeur Pierre Tattevin, chef du service des maladies infectieuses.

Les déprogrammations « pas à exclure »

Avec l’activation de son plan blanc, le CHU a donc revu à la hausse ses capacités de réanimation, et sollicité d’autres services pour prendre en charge les patients Covid. « On va tout faire pour éviter les déprogrammations mais ce n’est pas à exclure » souligne Véronique Anatole-Touzet.

Car les forces vives commencent à manquer à l’hôpital, où deux clusters ont été identifiés. Sans compter les classes qui ferment, obligeant certains soignants à rester à la maison pour garder leurs enfants. « On a besoin de renforts mais, comme partout, on n’en trouve pas », indique la directrice du CHU.

Une grève entamée la semaine dernière

S’il n’y avait que le Covid, la situation pourrait être maîtrisée. Mais la bronchiolite et la grippe ont également pointé leur nez en avance cette année, venant surcharger encore des urgences déjà saturées. Depuis la rentrée, les urgences et pédiatriques ont ainsi vu leur activité bondir de près de 20 % par rapport à la même période en 2019. « On a parfois une centaine de patients en même temps dans le service », témoigne le professeur Louis Soulat, appelant la population « à ne pas surcharger inutilement les urgences ».

A bout de nerfs, les urgentistes ont d’ailleurs entamé une grève illimitée la semaine dernière pour réclamer des moyens. Ce jeudi après-midi, ils mèneront une nouvelle action en déposant symboliquement un cercueil et des fleurs devant la direction « pour la mort de l’hôpital public ».