Une étude montre l’impact psychologique de la précarité matérielle

SOCIETE Pour la Fondation Jean-Jaurès, « la précarité matérielle ne peut pas être réduite à la seule idée de « manque », elle a des conséquences plus graves »

20 Minutes avec AFP
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La hausse de la précarité provoque une hausse de la pauvreté.
La hausse de la précarité provoque une hausse de la pauvreté. — JOËL SAGET / AFP

Frustration, sentiment d’injustice et colère… La précarité matérielle a « fort impact psychologique et symbolique » dans la vie des personnes concernées, selon une enquête de l’Ifop parue ce lundi.

Cette étude, menée pour la Fondation Jean-Jaurès et l’Agence du Don en nature, montre que la situation financière s’est dégradée « depuis le début de la crise du coronavirus » pour plus d’un tiers des Français (36 %).

Des privations

Selon ce sondage en ligne mené du 28 septembre au 6 octobre auprès d’un échantillon représentatif de 2.000 personnes de 18 ans et plus, « l’incapacité d’accès à certains produits entraîne d’autres privations selon une logique de renoncement ». Près d’un Français sur trois (31 %) doit se résigner très régulièrement (plus de quatre fois par mois) à ne pas acheter certains produits non alimentaires de première nécessité.

Ce phénomène touche les jeunes (39 % ont moins de 35 ans), les travailleurs précaires (51 % des autoentrepreneurs, 49 % des intérimaires), les ménages aux revenus les plus modestes (aux alentours de 1.300 euros).

Frustration

Pour la Fondation Jean-Jaurès, « la précarité matérielle ne peut pas être réduite à la seule idée de « manque ». Elle a des conséquences plus graves » avec notamment un « fort impact psychologique et symbolique ».

Elle génère de la frustration pour 56 % des personnes interrogées, un sentiment d’injustice (41 %) mais aussi de la colère chez 28 %. L’étude pose la question de la traduction politique de ces sentiments, qui se révèlent d’autant plus marqués que l’on se sent proche du mouvement de protestation des Gilets jaunes (GJ), né à l’automne 2018. La frustration atteint 59 % chez les GJ, l’injustice 61 % et la colère 44 %.