Les animaux d’élevage et de compagnie consomment de moins en moins d’antibiotiques

AGRICULTURE L’exposition des animaux aux antibiotiques a diminué de 45,4 % en dix ans

M.F avec AFP
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Par rapport à 2011, l'exposition aux antibiotiques a baissé de 55,5% chez les porcs. (Illustration)
Par rapport à 2011, l'exposition aux antibiotiques a baissé de 55,5% chez les porcs. (Illustration) — GILE Michel/SIPA

Il n’y a pas que pour les humains que les antibiotiques ne sont plus automatiques. L’Agence française de sécurité alimentaire et sanitaire (Anses) a assuré jeudi que « les antibiotiques sont utilisés de plus en plus avec raison » pour les animaux d’élevage, mais aussi de compagnie. L’enjeu est d’éviter « l’émergence de résistances qui pourraient poser problème chez l’humain » comme chez l’animal, avec des impasses thérapeutiques, a assuré lors d’une conférence de presse Gilles Salvat, directeur général délégué à la recherche de l’Anses.

« On a eu une forte mobilisation des parties prenantes, vétérinaires et éleveurs, avec des résultats qui sont au rendez-vous. On arrive sur un plateau maintenant », a relevé Gérard Moulin, de l’Agence nationale du médicament vétérinaire. « Par rapport à 2011, début du plan Ecoantibio visant à diminuer le recours aux antibiotiques, l’exposition globale des animaux a diminué de 45,4 % », souligne l’Anses dans son rapport annuel.

-64,4 % d'exposition aux antibios chez les volailles

Dans le détail, cette exposition a nettement baissé chez les volailles (-64,4 %) et les porcs (-55,5 %). Suivent les lapins (-39,9 %), les bovins (-22,5 %), et les carnivores domestiques que sont les chats et chiens (-11,8 %). Pour ces trois derniers groupes, « cette diminution semble avoir atteint une limite ». Leur exposition a même progressé sur la dernière année : +2,5 % pour les lapins, +2,9 % pour les bovins et +5,1 % pour les chats et chiens.

Chez les animaux de compagnie, des « hypothèses » ont été émises au sujet d’un éventuel « effet du Covid ». Les propriétaires ont pu leur porter « une attention particulière » pendant le confinement, tandis que les « activités en dents de scie » des cabinets vétérinaires ont « peut-être entraîné des retards de prise en charge » nécessitant un recours accru aux antibiotiques, selon Gérard Moulin.

Ne pas relâcher la vigilance

Parmi les « points de vigilance » mis en avant par l’agence sanitaire : une augmentation du taux de résistance aux antibiotiques constatée « depuis deux ans chez les chiens, les chats et les chevaux ». « Par exemple, le taux de souches résistantes à l’amoxicilline chez les chats, qui était de 30 % en 2018, est passé à plus de 40 % en 2020 », illustre l’Anses, pour qui « le phénomène est donc à surveiller ».

Dans l’optique de diminuer encore l’exposition aux antibiotiques, le ministère de l’Agriculture lance jeudi une campagne de sensibilisation en direction des éleveurs et des propriétaires d’animaux de compagnie, avec le slogan « Les antibios, comme il faut, quand il faut ». Le ministère indique dans un communiqué vouloir « sensibiliser (…) à certaines des bonnes pratiques permettant la prévention des maladies bactériennes : l’amélioration des conditions de vie des animaux, l’adoption de meilleures pratiques d’hygiène et la vaccination des animaux ».