Coronavirus : L'Académie de médecine recommande de vacciner certains enfants seulement

VACCINATION L’Académie de médecine recommande le vaccin contre le Covid-19 pour les enfants à risque et ceux vivant dans l’entourage de personnes vulnérables

20 Minutes avec agences
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Un vaccin contre le Covid-19 (illustration).
Un vaccin contre le Covid-19 (illustration). — Kirill Kukhmar/TASS/Sipa USA/SIPA

L’Académie française de médecine a estimé mercredi que les vaccins contre le Covid-19 ne doivent pas être donnés à tous les enfants. Seuls certains d’entre eux devraient en bénéficier. Dans un communiqué, l’instance « recommande d’élargir l’immunisation contre la Covid-19 par le vaccin [de Pfizer/BioNTech] aux enfants à risque de formes graves en raison de comorbidités, quel que soit leur âge, ainsi qu’aux autres enfants vivant dans leur environnement familial et scolaire ».

L’Académie, dont les avis sont seulement consultatifs, recommande aussi de vacciner « les enfants vivant dans l’entourage d’adultes vulnérables, en particulier les immunodéprimés et les personnes atteintes de maladies chroniques ».

La balance bénéfices/risques

Cette prise de position intervient après plusieurs jours de discussion en France sur l’opportunité d’étendre la vaccination anti-Covid aux 5-11 ans, comme l’ont déjà fait les Etats-Unis et Israël. Actuellement, seuls les plus de 12 ans peuvent se faire vacciner en France.

Le sujet est délicat car les bénéfices individuels sont a priori très limités pour les enfants : les formes graves de Covid et, à plus forte raison, les décès sont très rares chez eux. Or, les vaccins Pfizer/BioNTech et Moderna peuvent ponctuellement provoquer des inflammations cardiaques, des effets secondaires également très rares mais à mettre en regard avec le bénéfice discutable du vaccin chez les plus petits. Toutefois, les arguments pour la vaccination des enfants sont aussi collectifs. Elle viserait à empêcher le virus de circuler parmi eux et, donc, par la suite au sein du reste de la population.

Une décision pourrait être prise « en début d’année 2022 »

Les autorités sanitaires européennes sont en train d’examiner la question après avoir reçu des données positives de Pfizer et ensuite de Moderna. Ils témoignent de l’absence d’effets graves mais sur un échantillon d’un gros millier d’enfants. Ce nombre serait toutefois insuffisant pour détecter des conséquences très rares mais sévères. « Si une décision doit être prise », elle pourrait l’être « en début d’année 2022 », a déclaré Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, mercredi sur France Inter.

Dans ce contexte, plusieurs sociétés françaises de pédiatrie et d’infectiologie ont relancé le débat en début de semaine en exprimant leur scepticisme sur la vaccination des enfants. « L’urgence de la vaccination des enfants de 5-11 ans n’apparaît pas pour l’instant comme évidente en France », ont estimé ces instances, dont la société de pathologie infectieuse de langue française. Cette position a suscité en retour l’indignation de partisans de la vaccination enfantine. L’association militante « Ecole et familles oubliées » dénonce une « trahison » et réclame une analyse « bénéfice risque du vaccin » pour les enfants.