Amiens : En grève depuis près d’un mois, les sages-femmes d’une clinique « dans la détresse »

MANIFESTATION Une vingtaine de sages-femmes d’une clinique d’Amiens ont manifesté, ce lundi, pour demander une revalorisation des salaires et des effectifs

20 Minutes avec AFP
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Illustration d'une manifestation nationale de sages-femmes. (Archives)
Illustration d'une manifestation nationale de sages-femmes. (Archives) — Accorsini Jeanne / SIPA

Elles sont en grève depuis le 22 octobre à la maternité du groupe de santé Victor-Pauchet à Amiens, dans la Somme. Une vingtaine de sages-femmes ont manifesté, ce lundi, pour demander une revalorisation des salaires et des effectifs. « Nous sommes toutes dans la détresse, explique Cécile Marton, sage-femme à la clinique. On n’a plus les moyens humains pour faire correctement notre métier aujourd’hui. » Elle dénonce également une direction sourde au « risque vital que nos conditions de travail font courir aux patientes ».

Les manifestants ont reçu le soutien de militants syndicaux et du député de la Somme, François Ruffin (apparenté LFI), présent sur place. « Gagner 2.000 euros à Bac +5, et bientôt Bac + 6, ce n’est pas normal », a-t-il fustigé.

L’Etat « a toutes les cartes en mains pour stopper cette crise »

« Je rappelle que c’est l’État qui fixe les tarifs, qui déclenchent les politiques de santé », a affirmé de son côté le PDG du groupe santé Victor-Pauchet, Stéphan de Butler d’Ormond, protestant d’une « excellente prise en charge des femmes qui accouchent » dans son établissement. L’Etat « a toutes les cartes en mains pour stopper cette crise. Ce que je déplore et dénonce aujourd’hui, ce sont ces politiques de santé qui sous-estiment tout ce qui est fait dans une maternité », a-t-il ajouté.

La France compte environ 23.000 sages-femmes en activité, à 97 % des femmes, qui exercent majoritairement dans les hôpitaux et cliniques. Depuis le début de l’année, elles sont déjà descendues six fois dans la rue pour réclamer des effectifs et une meilleure reconnaissance de leur métier, rattaché aux fonctions paramédicales comme les infirmiers et les secrétaires, alors qu’il est inscrit dans le code de santé publique en tant que profession médicale.