Montpellier : Première européenne pour la pose d’une cornée synthétique sur un patient aveugle

CECITE Dans le cadre d’un projet mondial, le CHU de Montpellier a réalisé la greffe d’une cornée artificielle sur un patient originaire de Bordeaux

Jérôme Diesnis
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L'équipe du Vincent Daien, chef du service ophtalmologie du CHU de Montpellier, a effectué la première greffe de cornée artificielle en Europe sur un patient atteint de cécité.
L'équipe du Vincent Daien, chef du service ophtalmologie du CHU de Montpellier, a effectué la première greffe de cornée artificielle en Europe sur un patient atteint de cécité. — CHU de Montpellier
  • Les maladies de la cornée représentent la troisième cause de cécité dans le monde. Elles sont d’origine infectieuse, inflammatoire, traumatique ou génétique
  • D’après l’OMS, 20 % des cécités cornéennes ne peuvent pas être traitées par greffe de cornée d’un donneur. Neuf millions de personnes en souffrent à travers le monde.
  • Le CHU de Montpellier a réalisé cette greffe sur un homme souffrant d’une kératite liée au virus herpès. « Ce procédé engendre beaucoup d’espoirs et d’attentes pour des patients récusés à la greffe ».

Un patient de 38 ans a reçu une greffe artificielle de la cornée au CHU de Montpellier. Ce premier essai clinique chez l’homme fait l’objet d’une étude sur 45 patients dans le monde : au Canada, aux Pays-Bas, en Israël, à Paris et Montpellier. Après des essais sur des animaux, deux patients ont déjà bénéficié en Israël de ces greffes depuis le début d’année.

Les maladies de la cornée représentent la troisième cause de cécité dans le monde. Elles sont d’origine infectieuse, inflammatoire, traumatique ou génétique. Les solutions actuelles pour traiter la cécité cornéenne incluent les greffes issues de donneurs. Des greffes parfois rejetées, et dont la durée de vie est limitée dans le temps, nécessitant souvent une nouvelle greffe au bout d’une dizaine d’années.

« Pas de réaction immunologique possible »

D’après l’OMS, 20 % des cécités cornéennes ne peuvent pas être traitées par greffe de cornée d’un donneur. Neuf millions de personnes en souffrent à travers le monde. En France, en 2019, dernière année préCovid, 5.436 actes de greffe de cornée ont été réalisés.

Originaire de Bordeaux, le premier patient français greffé artificiellement souffrait d’une kératite liée au virus herpès. Une greffe lui avait été refusée à plusieurs reprises. Le CHU de Montpellier a joint la start-up israélienne Corneat vision, à l’origine de cette cornée synthétique. « Le CHU se positionne sur ce genre de développement en termes d’innovation », évoque le professeur Vincent Daien, chef du service ophtalmologie. « Comme c’est un matériel synthétique, il n’y a pas de réaction immunologique possible. Ce procédé engendre beaucoup d’espoirs et d’attentes pour des patients récusés à la greffe ».