Amiante dans l’eau : Impossible de conclure à un danger, ni de l’écarter, selon les autorités sanitaires

ETUDES Malgré 80 études sur le sujet, impossible d’établir un lien entre cancers et ingestion d’eau contenant de l’amiante, malgré des « signaux » empêchant de l’exclure

20 Minutes avec AFP
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Les associations de victimes continuent de se mobiliser pour obtenir réparation.
Les associations de victimes continuent de se mobiliser pour obtenir réparation. — A. Gelebart / 20 Minutes

L'amiante peut provoquer de multiples cancers quand il est respiré, mais fait-il aussi courir un risque quand il est avalé, notamment dans l’eau du robinet ? Impossible de le dire en l’état actuel des connaissances, ont expliqué mercredi les autorités sanitaires françaises. « Les données publiées à ce jour ne permettent pas de se prononcer sur la possibilité ou l’absence d’une association entre ingestion d’amiante et cancers digestifs », précise l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) dans un communiqué.

L’amiante, une fibre utilisée pendant plusieurs décennies au cours du XXe siècle dans la construction de bâtiments, est désormais interdit dans de nombreux pays comme la France, en raison de ses effets dangereux pour la santé. Lorsqu’il est inhalé, il favorise en effet l’apparition de plusieurs types de cancers meurtriers, des voies respiratoires comme des voies digestives.

Ingérer de l'amiante ?

Mais on ne sait pas s’il existe un danger équivalent quand l’amiante est avalé. Or, cette substance peut se retrouver en France dans l'eau du robinet, puisqu’une partie des canalisations, 4 % selon l’Anses, en contient. Pour tirer des conclusions, les experts de l’agence ont examiné quelque 80 études sur le sujet, sur l’inhalation d’amiante chez les humains ou les animaux, couplée à de l’ingestion ou non. Au final, il n’est pas possible de conclure à un lien entre l’apparition d’un cancer et le fait d’avoir avalé de l’amiante.

L’Anses se montre particulièrement critique pour deux études, publiées dans les années 2010 par la même équipe de recherche italienne, qui avaient estimé que les risques de l’ingestion d’amiante étaient sous-estimés. Elles-mêmes réalisées en compilant d’autres travaux, ces études souffrent d’importants biais méthodologiques et d’imprécisions dans le choix des données recueillies, selon l’Anses qui les qualifie d'« alarmistes ». Toutefois, l’agence admet l’existence de « signaux » qui empêchent d’exclure un lien entre l’ingestion d’amiante et certains cancers digestifs.