Saint-Etienne : Le CHU cherche des volontaires non-vaccinés pour une étude

RECHERCHE Depuis le mois dernier, le CHU Saint-Etienne a lancé un appel à volontaires pour une étude baptisée «Covimmunage». L’enjeu est de comprendre la réponse immunitaire au vaccin anti-Covid en fonction de l’âge et de la présence ou non d’un antécédent

Jennifer Lesieur
— 
Le CHU de Saint-Etienne lance une étude pionnière sur la réponse immunitaire au vaccin.
Le CHU de Saint-Etienne lance une étude pionnière sur la réponse immunitaire au vaccin. — CHU ST ETIENNE
  • Le CHU de Saint-Etienne cherche des volontaires pour constituer deux groupes de personnes non-vaccinées.
  • Le but est d’étudier la réponse immunitaire au vaccin anti-Covid, plus particulièrement entre 24 et 72 heures après la première injection.
  • L’étude, indemnisée, durera un an. D’autres antennes ouvriront prochainement dans la région.

Alors que la vague épidémique de Covid-19 reprend en Europe, il existe certains cas où ne pas être vacciné peut servir la science. Le CHU de Saint-Etienne (Loire) est à la recherche de volontaires non-vaccinés pour une étude baptisée Covimmunage, basée sur deux groupes : d’un côté, des personnes ayant eu le Covid-19 et n’ont pas encore été vaccinées ; de l’autre, celles qui ne l’ont pas eu et vont être vaccinées.

Les effets du vaccin à très court terme

« Cette étude consiste à décrypter la réponse immunitaire à la vaccination de façon très précise, avec un vaccin ARNm, Pfizer ou Moderna, explique le professeur Bothelo-Nevers, qui dirige cette recherche. Son originalité, c’est d’étudier la réponse immunitaire très précoce, à savoir de 24 à 72 heures après la vaccination, qui est actuellement peu connue. »

La réponse immunitaire à plus long terme sera également observée, puisque les volontaires continueront d’être suivis par le CHU. Covimmunage tentera également de comprendre « ce qu’on appelle la réactogénicité, c’est-à-dire de savoir pourquoi telle personne aura plus de fièvre, de douleurs, de réactions locales par exemple, après la vaccination ».

Des volontaires encore trop rares

Or le CHU de Saint-Etienne peine actuellement à rassembler de nouveaux volontaires non-vaccinés. D’autant plus qu’une grande diversité est nécessaire pour pouvoir mesurer l’impact du virus et du vaccin selon l’âge… Les personnes qui se sont présentées ne sont pas hostiles au vaccin, mais des craintes diverses les empêchaient de sauter le pas. « Le fait que la vaccination se passe dans une étude, qu’il y ait une surveillance rapprochée des volontaires, que les vaccins soient bien tolérés, ça peut rassurer, poursuit le professeur Bothelo-Nevers. Certains nous disent qu’ils comptaient se faire vacciner et qu’ils voulaient que ça serve à faire avancer les connaissances médicales. »

Les volontaires majeurs peuvent contacter le CHU par mail (rechercheclinique.vaccins@chu-st-etienne.fr) ou par téléphone (04 77 12 07 90) pour un entretien téléphonique où l’étude leur sera détaillée. S’ils répondent aux critères d’éligibilité, des rendez-vous leur seront fixés pour un certain nombre d’analyses, de sang notamment. « L’étude dure un an, avec des rendez-vous rapprochés au début, au moment de la vaccination, puis plus espacés : en tout, sept visites sont programmées pour ceux qui ont déjà eu le virus, dix pour les autres. »

D’autres centres ouvriront dans la région

L’étude n’est pas rémunérée mais indemnisée, et les déplacements pris en charge. Pour ceux qui ne peuvent se rendre au CHU, une infirmière de recherche clinique peut venir à domicile. Le protocole vaccinatoire se déroule comme si on était en dehors d’une étude, « et ce ne sont pas de nouveaux vaccins », précise le professeur Bothelo-Nevers.

Comme il s’agit d’une étude académique, les résultats seront rendus publics pour que toute la communauté scientifique et médicale puisse y avoir accès. D’autres centres ouvriront prochainement dans la région, à commencer par Lyon : l’étude est réalisée en collaboration avec Bioaster, institut d’innovation technologique en microbiologie implanté à Lyon.