Coronavirus : Le retour du masque à l’école peut-il endiguer la hausse des cas ?

BAL MASQUE Le masque fera son retour dans les écoles de 39 départements à la rentrée, alors que tous les indicateurs sont à la hausse au niveau national

X. R.
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Dans certains départements, le masque n'aura pas été enlevé bien longtemps.
Dans certains départements, le masque n'aura pas été enlevé bien longtemps. — SYSPEO/SIPA
  • Mercredi, Gabriel Attal a annoncé le retour du masque à l'école dans 39 départements.
  • Le taux d'incidence dans ces départements a dépassé le seuil d'alerte, alors que les indicateurs sont à la hausse au niveau national.
  • Pour l'épidémiologiste Catherine Hill, retirer le masque une première était déjà une mauvaise idée.

La rentrée des vacances de la Toussaint ne va pas ressembler aux derniers jours de classe du mois d’octobre. Dans 39 départements, le masque va faire son retour à l’école alors que l’épidémie de Covid-19 repart à la hausse. Pourquoi une telle volte-face du gouvernement ? Le masque pour les écoliers peut-il endiguer une explosion du nombre de cas ? 20 Minutes fait le point.

Qui remet le masque et pourquoi ?

La règle était simple : dans les départements où le taux d’incidence du Covid-19 est inférieur à 50 cas pour 100.000 habitants, on pouvait enlever le masque à l’école. La mesure a concerné jusqu’à 79 départements, alors que la Lozère avait décidé de revenir au masque avant même les vacances. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a annoncé mercredi le retour du masque à l’école dans 39 départements qui ne remplissaient plus ce critère, soit 61 départements concernés au total.

Au 31 octobre, le taux d’incidence au niveau national était de 61,71, au-dessus du seuil d’alerte. Mais ce chiffre cache de fortes disparités : il a franchi la barre des 100 dans les Bouches-du-Rhône, flirte avec la ligne en Charente et est tombé à 10,5 dans la Nièvre. Des chiffres trompeurs, alerte l’épidémiologiste Catherine Hill, pour qui « la circulation du virus est sous-estimée ». Tous les indicateurs majeurs sont la hausse depuis mi-octobre : admissions à l’hôpital, en réanimation et même nombre de morts par semaine. « On a pris les mauvaises décisions sur les mauvais indicateurs », estime Catherine Hill.

Le retour du masque peut-il endiguer une explosion du nombre de cas ?

« Est-ce que c’était une bonne idée de le supprimer la première fois ? Non », tranche l’épidémiologiste. Le virus circule, et d’autant plus facilement à l’école que les 9,4 millions d’enfants de moins de 12 ans ne sont pas vaccinés. Le masque constituait ainsi la barrière la plus efficace et la plus franche pour eux. Son retour apparaît donc sensé, sorte de piqûre de rappel qu’il ne faut pas abandonner les gestes barrières, continuer à se laver les mains et aérer les salles de classe.

Mais le masque ne protège pas que les enfants. Si un écolier se fait contaminer par un camarade démasqué, il y a un risque direct de « contaminer la nounou à risque ou la voisine anti-vaccin », rappelle Catherine Hill. D’autant plus si l’enfant ne développe pas de symptômes, alors que les tests de prévention à l’école sont encore trop rares.

Que peut-on faire de plus ?

Malgré les annonces de Jean-Michel Blanquer, seule une classe sur dix en moyenne est testée chaque semaine, via des tests salivaires individuels. Et seule la classe où le virus est détecté est fermée. « Quel sens ça a, si on ne ferme pas les autres où le virus circule également ? », s’interroge Catherine Hill. Dans les départements où le masque est tombé, la contamination dans la cour de récréation apparaît ainsi inévitable. L’épidémiologiste plaide pour des « tests groupés, qui permettraient de tester chaque classe deux fois par semaine ».

Mais il est trop tôt pour songer à une vaccination des 5-11 ans, comme aux Etats-Unis. « Ethiquement, c’est compliqué, et ça ne serait que pour pallier à une insuffisance de la couverture chez les adultes », estime-t-elle. Or, les Français sont bien mieux vaccinés que les Américains. Le mieux serait donc de revenir au port du masque partout ? Au rythme des contaminations, on pourrait bien y arriver.