Cancer du col de l’utérus : Un vaccin contre le papillomavirus semble nettement limiter les risques

ETUDE Les effets de la campagne de vaccination engagée en 2000 auprès des adolescentes sont aujourd’hui mesurables

M.F avec AFP
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Il est recommandé de faire le vaccin contre le papillomavirus avant que les adolescentes aient leurs premiers rapports sexuels.
Il est recommandé de faire le vaccin contre le papillomavirus avant que les adolescentes aient leurs premiers rapports sexuels. — John Amis/AP/SIPA

Le vaccin contre l’infection au papillomavirus, permettrait bien de limiter les risques de développer chez les femmes un cancer du col de l’utérus. C’est en tout cas le constat d’une étude britannique publié jeudi dans le Lancet. « Notre étude donne les premières preuves directes de l’effet de la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), via le vaccin bivalent Cervarix, sur la fréquence du cancer du col de l’utérus », résument les auteurs de ce travail publié dans le Lancet.

Les cancers du col de l’utérus sont quasiment toujours provoqués par une infection, sexuellement transmissible, au papillomavirus. Depuis le milieu des années 2000, des vaccins existent contre celle-ci. De nombreux pays ont donc engagé une campagne auprès des adolescents, l’idée étant de recevoir le vaccin avant d’être actif sexuellement. C’est le cas de la France, qui l’a même étendue cette année aux garçons, bien que le taux de couverture reste très inférieur aux objectifs.

Quasiment pas de cancer chez les femmes vaccinées à 12 ou 13 ans

Jusqu’à maintenant, on connaissait bien l’efficacité des vaccins contre l’infection elle-même et contre l’apparition de lésions pré-cancéreuses. Mais les données étaient moins précises sur la fréquence des cancers déclarés. Selon ses conclusions de l’étude du Lancet, il y a une nette réduction des cas de cancers du col de l’utérus chez les femmes éligibles à la campagne de vaccination britannique, lancée à la fin des années 2000.

Cette diminution, mesurée par rapport à la proportion de cas chez des générations précédentes, est particulièrement sensible chez les femmes susceptibles d’avoir été vaccinées tôt, à 12 ou 13 ans. Ces dernières années, les cancers du col de l’utérus y ont quasiment disparu.

Le vaccin Cervarix remplacé par Gardasil

Ces conclusions ont des limites. Même sans vaccination, les chercheurs n’attendaient qu’un nombre limité de cancers dans cette tranche d’âge, qui ne dépasse pas 25 ans aujourd’hui. Ils soulignent donc qu’il faudra continuer à y étudier la fréquence des cancers lors des années à venir.

Par ailleurs, afin de mener un suivi à long terme, l’étude ne s’intéresse qu’à des femmes ayant pu bénéficier de la campagne britannique à ses tout débuts. Or, c’était à l’époque le vaccin Cervarix, produit par le laboratoire GSK, qui était utilisé. Depuis, il a été remplacé par le Gardasil de l’américain Merck, dit MSD hors des Etats-Unis, sur lequel l’étude ne peut donc rendre de conclusions.