Coronavirus en Guadeloupe : La vaccination avance, mais le pass sanitaire est toujours contesté

EPIDEMIE Pour les lieux où le pass sanitaire est obligatoire, le faible taux de vaccination réduit le potientiel de clientèle 

20 Minutes avec AFP
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Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), en mai 2021 (illustration).
Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), en mai 2021 (illustration). — Morel Gilles/Simax/SIPA

Même si elle est en augmentation, la vaccination reste toujours minoritaire en Guadeloupe, où certains corps de métiers, dont les restaurateurs, contraints d’appliquer le pass sanitaire, ont exprimé leur colère, ce jeudi à Pointe-à-Pitre.

« Quand le pass sanitaire s’est appliqué en France, le taux de vaccination était de plus de 60 %. Ici on est toujours à un petit tiers ce qui réduit le potentiel de clientèle. Vu le taux de vaccination des Guadeloupéens, nous ne pouvons pas vivre », explique David Drumeaux, organisateur d’un mouvement spontané qui a réuni une grosse centaine de restaurateurs devant la sous-préfecture de Pointe-à-Pitre.

Levée de certaines suspensions de contrat

Ce positionnement n’est pas « celui de la fédération des restaurateurs des îles de Guadeloupe, qui comprend néanmoins les réelles difficultés de ces établissements », explique Rudy Nainan, le président de l’association des professionnels du secteur.

Du côté des soignants, la vaccination progresse. « Il y a plus de 73 % des soignants, toutes catégories confondues, qui sont vaccinés désormais », a indiqué mercredi soir Valérie Denux, directrice générale de l’ARS. Elle s’est félicitée de la levée de nombreuses suspensions de contrat, « grâce à des régularisations quotidiennes » qui permettent, selon elle, « de faire face à la demande de soin ». Pour autant, quelques poches de résistances continuent de secouer les établissements de santé, comme des blocages d’établissements dénoncés par le CHU.

Pas de médiation sur la vaccination

Autre exemple, en Côte-sous-le-Vent, le conseil de surveillance du petit hôpital de Bouillante, présidé par Thierry Abelli, président de la Communauté d’Agglomération du Sud Basse-Terre, a pris une motion « demandant à surseoir aux mesures de suspensions (…) quant à l’obligation vaccinale ». Dans un communiqué, l’ARS a rappelé mercredi que « le conseil de surveillance ne peut pas prendre de telles motions demandant à la directrice d’établissement de contrevenir à loi et la mettre ainsi en difficulté ».

L’ARS indique aussi que « l’évolution favorable » des taux de « vaccination des professionnels de santé » ne peut pas être « comparée à celles d’autres territoires » et ne « nécessite pas de médiation », alors que cette demande a été formulée par le député Olivier Serva auprès du ministre de la Santé.