Hôpital public : 20 % des lits seraient actuellement fermés par manque de personnel

SANTE Démissions, absentéisme et difficultés de recrutement seraient à l’origine de cette situation critique, dans un contexte d’épuisement des soignants

C.P.
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L'unité des soins intensifs de l'hôpital Purpan, à Toulouse, le 21 avril 2020.
L'unité des soins intensifs de l'hôpital Purpan, à Toulouse, le 21 avril 2020. — Frédéric Scheiber / 20 Minutes
  • Selon une enquête flash dirigée par le président du Conseil scientifique, environ un lit sur cinq est actuellement fermé dans les CHU et CHR de France, faute d’infirmières et d’aides soignantes, mais aussi de médecins titulaires, pour tous les faire fonctionner.
  • Interviewé par Libération, qui a révélé les données de cette enquête ce mercredi, le ministre de la Santé Olivier Véran admet qu'« un certain nombre d’unités dans des hôpitaux sont obligées de fermer temporairement, ou de réduire la voilure, faute de soignants, faute surtout de pouvoir en recruter ».
  • Selon une étude menée auprès de 16 CHU, il y a une hausse de près d’un tiers des postes vacants chez les paramédicaux par rapport à l’automne 2019.

Des services hospitaliers exsangues, condamnés parfois à fermer des lits faute de personnel. C’est le constat alarmant dressé par une enquête flash dirigée par le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy et révélée ce mercredi par Libération. Selon cette étude, environ un lit sur cinq est actuellement fermé dans les CHU et CHR de France, faute d’infirmières et d’aides soignantes, mais aussi de médecins titulaires, pour tous les faire fonctionner.

En région parisienne, ces chiffres sont corroborés par les données transmises à Libération par l’AP-HP : « selon les chiffres officiels, 19 % des lits étaient fermés au mois de septembre 2021, soit deux fois plus que dans la situation d’avant-Covid (le taux de fermeture était déjà de 9 % en septembre 2019), comme nous le certifie Martin Hirsch. »

« Un système de santé en souffrance »

Une situation critique qui était déjà évoquée par le conseil scientifique dans son avis du 5 octobre : « Des données concordantes recueillies auprès des grandes structures hospitalières françaises (administratives et médicales) font état d’un système de santé en souffrance avec : 1) un grand nombre d’emplois vacants (…) ; 2) dans les grands CHR, quelle que soit la région, un pourcentage significatif de lits fermés en raison du manque de personnel et ce, dans tous les secteurs de soins dont la pédiatrie. Ces chiffres semblent supérieurs aux automnes précédents (…) »

Interviewé ce mercredi dans Libération, le ministre de la Santé Olivier Véran estime que « personne aujourd’hui ne sait donner un chiffre précis » des lits fermés faute de personnels mais admet qu'« un certain nombre d’unités dans des hôpitaux sont obligées de fermer temporairement, ou de réduire la voilure, faute de soignants, faute surtout de pouvoir en recruter ». Le ministre confirme également, selon une étude menée auprès de 16 CHU, une hausse de près d’un tiers des postes vacants chez les paramédicaux par rapport à l’automne 2019.

Parmi les raisons avancées : l’absentéisme « qui augmente d’un point sur la même période pour les personnels non médicaux ». Mais aussi les démissions qui « augmentent plus significativement entre 2020 et 2021 qu’entre 2019 et 2020 ». « Elles restent néanmoins dans des proportions modérées », selon Olivier Véran. « Certains soignants quittent l’hôpital parce qu’ils sont fatigués après vingt mois de crise sanitaire. Ces départs peuvent mettre en difficulté des équipes, des services parce que les recrutements sont aussi difficiles. C’est une réalité » prise « à bras-le-corps », assure le ministre de la Santé.