Hôpitaux : Entre 2 à 5 % de postes vacants chez les soignants, selon la Fédération hospitalière

RECRUTEMENT Avec en plus 10 % d’absentéisme, la situation limite l’activité hospitalière

M.F avec AFP
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Les organisations syndicales CGT-FO-FSU, Solidaires, ont appelé l'ensemble du monde du travail du secteur privé et public à une grève générale et à une manifestation sur le thème de Tous unis pour nos droits. 5 octobre 2021, Toulouse, France.
Les organisations syndicales CGT-FO-FSU, Solidaires, ont appelé l'ensemble du monde du travail du secteur privé et public à une grève générale et à une manifestation sur le thème de Tous unis pour nos droits. 5 octobre 2021, Toulouse, France. — FRED SCHEIBER/SIPA

Le manque de personnels commence sérieusement à se faire sentir dans le monde hospitalier. La  Fédération hospitalière de France (FHF) a indiqué mercredi que les hôpitaux et les établissements médico-sociaux publics enregistraient actuellement « un taux d’absentéisme de l’ordre de 10 % » et « entre 2 à 5 % de postes vacants de soignants ». Une situation « plus tendue que d’habitude ».

« Sans être catastrophique, cette situation limite l’activité hospitalière et ne permet pas de répondre à la demande de rattrapage de soins qui est née de la crise sanitaire », a indiqué Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF, lors d’une visioconférence de presse. Selon l’enquête conduite par la FHF pendant l’été auprès d’établissements (regroupant en tout plus de 180.000 agents de la fonction publique hospitalière), « les tensions sont plus fortes sur les métiers d’infirmiers et d’infirmiers spécialisés ».

Jusqu’à six semaines pour trouver un remplaçant

Et la situation s’avère « plus difficile dans les centres hospitaliers que dans les CHU, et encore plus difficile dans les établissements médico-sociaux ». « Les vacances de postes ne sont pas forcément plus nombreuses par rapport à la situation antérieure, mais elles sont plus longues », a-t-elle détaillé. « Au lieu, par exemple d’attendre deux semaines pour organiser un remplacement, il faut attendre un mois, parfois six semaines, ce qui, évidemment, est une source de désorganisation dans l’établissement ».

« Les recrutements parmi les jeunes professionnels sortis d’école sont plus difficiles » et les établissements ont « de moins en moins de marge de manœuvre, y compris sur de l’intérim ». « Sur la centaine d’infirmières recrutées cet été, on a déjà, au mois d’octobre, une quinzaine qui nous font part de leur souhait de partir avant la fin de l’année », a expliqué Thierry Brugeat, coordonnateur général des soins du CHU de Reims.

« On a des manques, notamment dans les métiers spécialisés, Iade et Ibode (infirmiers de réanimation et de blocs opératoires) qui nous amènent aujourd’hui à avoir recours soit à des propositions d’heures supplémentaires pour nos personnels, soit à des cumuls emploi-retraite, soit à de l’intérim ». Une nouvelle loi promulguée fin avril et qui doit entrer en vigueur le 27 octobre prévoit d’encadrer les tarifs de l’intérim médical.