Coronavirus : La vaccination des 5-11 ans pourrait-elle débuter prochainement en France ?

EPIDEMIE Les Etats-Unis ont annoncé mercredi attendre le feu vert pour le déploiement du vaccin anti-Covid-19 auprès des enfants de 5 à 11 ans

Alexis Orsini
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L'injection d'un vaccin contre le Covid-19 (illustration).
L'injection d'un vaccin contre le Covid-19 (illustration). — Costfoto/Sipa USA/SIPA
  • Les Etats-Unis comptent vacciner les enfants de 5 à 11 ans contre le Covid-19 dès le mois de novembre.
  • Si la Maison-Blanche doit encore attendre le feu vert des autorités sanitaires, cette annonce pourrait augurer des campagnes de vaccination similaires dans d'autres pays.
  • Une telle campagne auprès des 5-11 ans pourrait-elle voir le jour prochainement en France ? Au-delà des questions soulevées par cette stratégie, son déploiement resterait soumis au calendrier européen. 

La France va-t-elle emboîter le pas aux Etats-Unis sur la vaccination anti-Covid-19 des 5-11 ans ? Alors que la Maison-Blanche vient d’annoncer qu’elle était « prête » à vacciner cette population dès novembre – sous réserve du feu vert des autorités sanitaires –, une telle campagne est-elle d’actualité dans l’Hexagone ? 20 Minutes fait le point sur l’intérêt d’une telle stratégie et les différentes étapes de ce processus.

La vaccination a-t-elle vraiment prouvé son efficacité sur les 5-11 ans ?

Si la vaccination des mineurs de 12-17 ans est possible depuis cet été dans l’Hexagone, la question d’administrer le vaccin anti-Covid à des enfants entre 5 et 11 ans s’est posée fin septembre, après la publication d'une étude des laboratoires Pfizer/BioNtech sur le sujet.

Alors que celle-ci jugeait le vaccin « sûr » et « bien toléré », vantant la réponse immunitaire « robuste » de cette population de 4.500 enfants entre 6 mois et 11 ans de différents pays (et 2.268 entre 5 et 11 ans), des questions se posent encore sur la balance bénéfices/risques, comme le soulignait récemment l’infectiologue Odile Launay auprès de Franceinfo.

« On a des données en termes de réponses immunitaires, ils annoncent que les vaccins sont bien tolérés, de façon comparable à ce que l’on peut observer chez l’adolescent, mais il faut rester prudent. On n’a pas lu ces résultats et ils ont inclus dans ces essais 2. 000 enfants, ce qui est faible pour être assuré qu’on n’aura pas d’effets indésirables », expliquait la spécialiste.

La vaccination est-elle vraiment utile au sein de cette population ?

Pourquoi vacciner les enfants contre le Covid-19 alors qu’ils contractent rarement une forme grave de la maladie ? L’intérêt de la stratégie adoptée par les Etats-Unis fait écho à l’argument avancé par le ministère de la Santé à propos de la vaccination des adolescents de 12 à 17 ans.

« Si les jeunes développent plus rarement des formes graves [du] Covid-19, leur vaccination est nécessaire pour limiter les risques de transmission du virus et essentielle pour atteindre le plus rapidement possible l’immunité collective », explique-t-il sur son site.

Sur ce point, Odile Launay précisait à Franceinfo les avantages concrets d’une vaccination potentielle des 5-11 ans : « Si on a suffisamment d’éléments et qu’on peut vacciner sans faire courir de risques aux enfants, cela peut être un bénéfice et permettre de laisser ouvertes les écoles et les classes. Mais tout ça est une question de risques. On se doit d’avoir le maximum de données avant de s’engager dans une vaccination de ce type. »

Quand pourrait débuter la vaccination des 5-11 ans en France ?

A supposer que le gouvernement décide de vacciner cette catégorie de la population, celle-ci devrait attendre plusieurs mois au minimum. L’Agence européenne des médicaments (EMA) a en effet annoncé, le 18 octobre, qu’elle lançait une évaluation du vaccin Pfizer-BioNtech sur ce sujet.

« Nous allons étudier les données relatives au vaccin, dont une étude clinique en cours auprès d’enfants de 5 à 11 ans, afin de décider si nous recommandons d’étendre l’usage du vaccin », indiquait l’EMA dans son communiqué. Son avis sera ensuite transmis à la Commission européenne, qui décidera ou non de l’autoriser au niveau européen.

En cas de feu vert, chaque Etat membre sera ensuite libre de déployer le vaccin auprès de cette tranche d’âge. Reste à savoir si la France opterait pour cette option, le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, ayant affirmé début septembre que celle-ci n’était pas d’actualité, « parce qu’il nous manque des données scientifiques [et] que des études sont en cours » mais que le gouvernement s’adapterait « à l’évolution des connaissances scientifiques ».