Coronavirus en Bretagne : Pourquoi la région la plus vaccinée de France reste sur ses gardes

EPIDEMIE Si la situation sanitaire est maîtrisée dans la région, certains signaux inquiètent toutefois les autorités sanitaires

Jérôme Gicquel
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Transformé en vaccinodrome, le stade d'athlétisme Robert Poirier à Rennes va fermer ses portes à la fin du mois.
Transformé en vaccinodrome, le stade d'athlétisme Robert Poirier à Rennes va fermer ses portes à la fin du mois. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Région la plus épargnée par le virus, la Bretagne est aussi celle où le taux de vaccination est le plus élevé en France.
  • Malgré une situation sous contrôle, quelques signaux mettent en garde les autorités sanitaires.
  • Plusieurs clusters ont ainsi été détectés dans des lieux d’activité pour seniors et environ 3.000 personnes âgées de plus de 80 ans ne sont toujours vaccinées dans la région.

C’est bien connu, la Bretagne aime afficher sa singularité. La pandémie de Covid-19 en apporte une nouvelle fois la preuve. Si la région a été la moins touchée par le virus, c’est aussi celle où le taux de vaccination est le plus élevé de France. Selon les derniers chiffres fournis par l’Agence régionale de santé, 94,4 % de la population bretonne a reçu au moins une dose de vaccin, alors que la moyenne nationale est de 87,9 %, et 92,7 % des Bretons et Bretonnes de plus de 12 ans présentent un schéma vaccinal complet. Depuis la rentrée, le taux d’incidence est également est chute libre en Bretagne avec seulement 26 cas pour 100.000 habitants enregistrés le 8 octobre, contre 110 le 3 septembre. « On ne s’attendait pas à une telle baisse, c’est une très bonne surprise », souligne Stéphane Mulliez, directeur de l’ARS Bretagne.

La situation étant sous contrôle, les autorités sanitaires pourraient donc être tentées de relâcher un peu la pression. Il n’en est rien. Car la pandémie a appris depuis vingt mois à ne pas crier victoire trop vite. En Bretagne, quelques signaux incitent également à la prudence. Il y a tout d’abord le taux d’incidence qui progresse de nouveau depuis une dizaine de jours avec désormais 36 cas pour 100.000 habitants dans la région. « Mais il faut rester prudent sur l’analyse de ces chiffres en raison de la fin de la gratuité des tests », tempère Stéphane Mulliez. Idem sur le nombre d’hospitalisations qui ne baisse plus avec environ 270 ou 280 patients dans les établissements de la région. « On en avait 403 en septembre au pic de la quatrième vague qui est derrière nous », assure le directeur de l’ARS Bretagne.

Des clusters dans des thés dansants ou des clubs de belote

Les autorités sanitaires surveillent aussi avec attention la situation chez les seniors. Car après des mois d’isolement, ces derniers ont repris leurs activités depuis la rentrée, regoûtant aux joies des thés dansants ou des parties de belote. Mais les gestes barrières sont peut-être restés aux vestiaires car six clusters ont été détectés récemment dans des lieux d’activités pour seniors en Bretagne. « La vaccination leur permet de se protéger contre des formes graves de la maladie, mais il ne faut pas se relâcher », met en garde Stéphane Mulliez.

Sur la vaccination, l’ARS Bretagne espère aussi encore progresser, et notamment auprès des 25-49 ans. « Il nous reste encore 10 % de cette tranche d’âge à aller chercher, c’est davantage que chez les jeunes ou les personnes âgées », précise Anne-Briac Bili, directrice de cabinet à l’ARS Bretagne.

Plus inquiétant encore, environ 3.000 personnes âgées de plus de 80 ans ne sont toujours pas vaccinées dans la région. Certaines y sont réfractaires et ne se vaccineront jamais. Mais pour les autres, isolées ou fragiles, la solution pourrait être la vaccination à domicile. « Il y a déjà eu une phase expérimentale dans le Finistère, souligne Anne-Briac Bili. On attend désormais de voir comment on peut mettre ça en place sur tout le territoire d’un point de vue technique et logistique. »