Grand Toulouse : Moins chères pour les habitants, les mutuelles communales se multiplient

POUVOIR D'ACHAT Les mutuelles communales, qui permettent d’obtenir une couverture santé complémentaire à prix négocié grâce à l’effet de nombre, ont le vent en poupe dans les petites et grandes communes de l’agglomération toulousaine

Hélène Ménal
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Dans le cabinet d'un dentiste. Illustration.
Dans le cabinet d'un dentiste. Illustration. — Franck Lodi - Sipa
  • Dans la métropole de Toulouse, plusieurs communes font le pari des mutuelles communales.
  • En direct, ou en choisissant un intermédiaire, elles jouent sur le levier du nombre d’affiliés pour obtenir des tarifs avantageux au profit des habitants mal couverts.
  • Colomiers annonce la création de sa mutuelle pour début 2022, Cugnaux se lance, Toulouse réfléchit.

A Colomiers, la deuxième ville la plus peuplée de Haute-Garonne après Toulouse​, 25 % des quelque 40.000 habitants ne disposent pas d’une couverture santé durable ou optimale. « Et 13 % d’entre eux n’ont aucune complémentaire, notamment des jeunes en contrats précaires ou des seniors, qui pour certains d’entre eux peuvent renoncer à des soins », précise Arnaud Simion (PS), l’adjoint aux Solidarités humaines et à la Santé. Ces chiffres, l’élu les tient des données fournies par l’Assurance maladie. La mairie voulait « adosse à des statistiques » un « ressenti » exprimé sur le terrain lors de la dernière campagne des municipales.

Sur les marchés ou dans les centres sociaux, de fin octobre à fin novembre, elle va poursuivre à travers un questionnaire le recensement des habitants qui gagnent un peu trop pour bénéficier la Complémentaire santé solidaire de la Sécu (C2S, ex-CMU) mais pas assez pour se soigner correctement, surtout quand ils n’ont pas une entreprise pour négocier à leur place avec un organisme mutualiste. Car l’idée est de faire nombre, pour négocier au meilleur prix une mutuelle communale. « Nous lancerons ensuite un appel à partenariat auprès des mutuelles », précise Arnaud Simion, qui espère aboutir « début 2022 » en proposant aux habitants une bonne couverture à prix modéré. La mairie va jouer les « courtiers » pour une opération qui aura l’avantage de ne rien coûter aux finances de la commune.

L’union fait la force pour les petites communes

Ce nouveau service aux habitants gagne du terrain dans la métropole de Toulouse. Le maire écologiste de Cugnaux Albert Sanchez vient de présenter son projet aux habitants. Et plus au nord, à Pibrac, la mutuelle est déjà opérationnelle depuis le début de l’année. Camille Pouponneau, l’édile de cette commune de 8.000 habitants a, elle aussi, vu surgir « cette forte demande durant la campagne ». Mais comme elle n’a pas la force de frappe de Colomiers, elle a opté pour la formule associative. « Notre condition, c’était zéro reste à charge pour l’optique ou le dentaire et notre choix s’est porté sur l’association Actiom. Nous lui mettons simplement notre maison des citoyens à disposition pour sa permanence une fois par mois », détaille l’édile. Une quarantaine de Pibracais ont déjà pris rendez-vous et cinq dossiers ont été ouverts.

Actiom, dont le nom doit circuler allègrement dans les congrès des maires, négocie à leur place. « L’association propose trois formules différentes, car quand on est retraité, on a d’autres besoins qu’un bon remboursement en matière d’orthodontie », témoigne Isabelle Godeas, adjointe en charge de l’Action sociale à l’Union. La commune fait office de pionnière puisqu’elle est affiliée à Actiom depuis 2015. Et depuis, « une dizaine d’habitants par an » en moyenne s’affilient à la mutuelle « Ma ville Ma santé » négociée à leur place, « surtout des jeunes en CCD et des retraités ». « Ça rend service à nos habitants, tout simplement », constate l’élue.

Enfin, comme l’a promis Jean-Luc Moudenc (LR) au cours de sa dernière campagne, Toulouse aussi devrait bientôt dégainer sa mutuelle communale. « Le travail en cours », indique le Capitole.