Numéro unique d’appel d’urgence : Des soignants du Samu protestent contre le projet devant l’Assemblée

SECOURS Pour le Samu, les opérateurs du 112 risquent de ne pas être qualifié pour les urgences médicales

M.F avec AFP
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Quelques dizaines de soignants du Samu se sont brièvement rassemblés mercredi devant l'Assemblée nationale pour s'opposer au projet de numéro unique.
Quelques dizaines de soignants du Samu se sont brièvement rassemblés mercredi devant l'Assemblée nationale pour s'opposer au projet de numéro unique. — Agnes COUDURIER / AFP

Le Samu se sent menacé par le numéro unique d’appel d’urgence et le fait savoir. Venus des huit départements d’Ile-de-France mais aussi de Beauvais, Bourges, Lille ou encore Rouen, une vingtaine de véhicules se sont installés devant l’Assemblée nationale ce mercredi. Gyrophares allumés et sirènes hurlantes, les soignants du Samu ont manifesté leur opposition au projet de « numéro unique » inclus dans une proposition de loi en cours de discussion.

A l’initiative de cette opération, le président de l’association Samu-Urgences de France, François Braun, a affirmé vouloir « sauver le Samu », mis « en danger » par le projet de « numéro unique » pour les services de secours (santé, police, pompiers), qui entraînera selon lui « une perte de chance » pour les malades. Une crainte partagée par Vincent Brulin, urgentiste au Samu 59 (Nord), qui explique que « l’opérateur sera un secouriste, mais pas forcément quelqu’un de qualifié pour les urgences médicales » et assure que dans son département « les pompiers de terrain ne veulent pas du numéro unique ».

Un préavis de grève à partir du 12 octobre

Objet depuis longtemps de polémiques entre « bleus », « blancs » et « rouges », le dispositif est pourtant sur le point de voir le jour, via une proposition de loi sur la « valorisation des sapeurs-pompiers », votée en mai par les députés puis fin septembre par les sénateurs, avec toutefois quelques modifications adoptées contre l’avis du gouvernement.

Or « ce texte modifié par le Sénat, nous n’en voulons pas », a expliqué François Braun, qui réclame un retour à la version de l’Assemblée. Il a déjà « déposé un préavis de grève à partir du 12 octobre », que les Samu sont prêts à suivre, même s’ils « ne mettront jamais en danger la vie des patients ». Les parlementaires, qui doivent justement examiner le texte jeudi matin en commission mixte paritaire, sont prévenus.

Le 112 en contradiction avec le 113 ?

D’autant que les Samu ne sont pas seuls : la Fédération hospitalière de France (FHF) a fait savoir dans un communiqué qu’elle « soutient (leur) mobilisation », soulignant que le « numéro unique » pourrait « entrer en contradiction directe » avec le « service d’accès aux soins », qui associe médecins libéraux et hospitaliers, et que le Parlement a déjà approuvé en avril.

« Oui à la coexistence de deux numéros : le 113 pour la santé, le 112 pour les appels police-secours », résume le président de la FHF, Frédéric Valletoux, qui demande lui aussi « aux parlementaires de privilégier la solution la plus efficace face à la solution la plus simpliste ».