Coronavirus : L’obligation vaccinale pour les personnels soignants entre en application ce mercredi

PIQURE A partir de ce mercredi, ceux et celles qui ne peuvent justifier d’une première dose de vaccin ou d’une contre-indication médicale verront leurs contrats suspendus

20 Minutes avec AFP
— 
Une vaccination à Paris en juin. (illustration)
Une vaccination à Paris en juin. (illustration) — MARTIN BUREAU / AFP

L’ultimatum a expiré. Deux mois après son annonce par Emmanuel Macron, l’obligation vaccinale s’applique à tout le système de soins, au sens large. L’obligation vaccinale contre le Covid-19 est entrée en vigueur ce mercredi pour 2,7 millions de professionnels : hôpitaux, maisons de retraite, libéraux, aides à domicile, pompiers et pompières, ambulanciers et ambulancières, mais une petite minorité n’a toujours pas reçu de première dose.

Ceux qui ne peuvent justifier d’une première injection, d’une contre-indication vaccinale ou d’une contamination récente « ne peuvent plus exercer leur activité », selon la loi du 5 août. Pour les salariés concernés, cela doit se traduire par la suspension immédiate du contrat de travail, sans rémunération – à moins d’utiliser des jours de congés pour retarder l’échéance. Combien seront-ils dans ce cas ? Des milliers sans doute, même si les estimations varient du simple au décuple selon les sources. D’après Santé publique France (SpF), qui se base sur des échantillons de l’Assurance maladie, au 12 septembre 89,3 % des soignants avaient reçu au moins une dose dans les structures accueillant des personnes âgées dépendantes (Ehpad, USLD).

Probablement peu de suspensions au final

« Il y aura peut-être 1 % à 2 % de suspensions », estime pourtant Florence Arnaiz-Maumé, secrétaire générale du Synerpa, qui représente les Ehpad privés. Rapporté aux « 300.000 à 350.000 salariés » du secteur, « on peut s’attendre à environ 3.000 contrats de travail suspendus dans les prochains jours », prédit-elle. Dans les établissements de santé, où SpF dénombrait 88 % de primo-vaccinés au 7 septembre, « on sait qu’on sera quelque part entre 1 % et 2 % de personnes pas du tout vaccinées », pronostique le directeur de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch.

Sur un million d’agents des hôpitaux publics, « on trouvera évidemment quelques centaines ou quelques milliers de réfractaires », pronostique le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux, persuadé que « certains vont instrumentaliser des cas particuliers pour faire croire qu’ils sont des bataillons entiers ». Ils n’étaient cependant pas légion à répondre à l’appel de la CGT mardi. Quelques centaines de personnes à peine se sont rassemblées devant le ministère de la Santé, les sièges d’agences régionales de santé (ARS) ou leurs centres hospitaliers.

« Ca va être le bazar », pense Martinez

Un baroud d’honneur pour le syndicat, convaincu comme son secrétaire général Philippe Martinez que « ça va être le bazar », car dans ces secteurs en tension « même avec 5 % de personnel en moins ça ne tourne plus ». Redoutant d’autres « situations ingérables », avec des sanctions entraînant « des fermetures de lits et de services », FO-Santé a réclamé « un délai supplémentaire », comme pour les départements d’outre-mer durement frappés par la quatrième vague épidémique. Une requête balayée par le gouvernement, satisfait des « effets très positifs » de sa menace. « Nous ne reculerons pas », a prévenu le Premier ministre, Jean Castex.

Et gare à ceux qui voudraient contourner la règle. « Le refus de se vacciner ne donnera lieu à aucun arrêt maladie », a averti le ministre de la Santé, Olivier Véran, promettant « des contrôles systématiques » pour « toute prescription jugée suspecte ». L’administration est au diapason : « On va avoir la position la plus dure possible », affirme le directeur de l’ARS Nouvelle-Aquitaine, Benoît Elleboode, partisan de « la tolérance zéro » qui prévoit de « démarrer très rapidement » des « contrôles-surprise » dans les établissements et chez les libéraux.