Levothyrox : Une action collective lancée en justice contre l'ANSM

MEDICAMENT Les condamnations se succèdent. Après le laboratoire Merck, c'est au tour de l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament d'être dans le collimateur de la justice

20 Minutes avec AFP
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Des comprimés de Levothyrox (illustration)
Des comprimés de Levothyrox (illustration) — ALLILI MOURAD/SIPA

De nouveaux rebondissements dans l'affaire du Levothyrox. Et pour cause... Une action collective en justice a été lancée contre l'Agence Nationale du Médicament (ANSM) dans l'affaire du Levothyrox. En 2017, le changement de formule aurait provoqué des effets secondaires chez certains patients. C'est l'avocat qui a engagé cette procédure qui a annoncé cette nouvelle procédure mardi.

Christophe Lèguevaques, espère obtenir « 15.000 euros par demandeur » pour « indemniser le préjudice moral d'anxiété », a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse en ligne.

« Les personnes qui se sentent concernées » peuvent s'inscrire jusqu'au 15 novembre sur une plateforme en ligne pour se joindre à cette action, moyennant 120 euros. La procédure est lancée devant le tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis), dont dépend l'ANSM.

Une affaire qui dure

Déjà à l'origine d'une autre action collective contre Merck, le laboratoire qui fabrique ce médicament pour la thyroïde, l'avocat a notamment accusé l'ANSM d'un « défaut de vigilance » et d'un « défaut d'anticipation » au moment du changement de formule.

Entre mars 2017 et avril 2018, quelque 31.000 patients souffrant de maux de tête, insomnies, vertiges et autres effets secondaires ont accusé la nouvelle formule du médicament d'en être la cause. Selon Merck, elle était destinée à apporter davantage de stabilité en modifiant les excipients du Levothyrox et pas son principe actif (la lévothyroxine).

Conséquences

En juin 2019, une étude menée par l'ANSM sur plus de deux millions de patients avait conclu que le passage à la nouvelle formule n'avait pas engendré de « problèmes de santé graves ».

Cette affaire fait l'objet de plusieurs procédures devant la justice.

Après la première action collective, la cour d'appel de Lyon avait estimé en juin 2020 que Merck avait commis « une faute » au moment du changement de formule, et l'avait condamné à verser 1.000 euros à chacun des 3.000 plaignants. Le laboratoire s'est pourvu en cassation.

Par ailleurs, au pénal, l'affaire fait l'objet d'une information judiciaire contre X pour des faits présumés de tromperie aggravée, homicide et blessures involontaires et mise en danger de la vie d'autrui. Elle est instruite par le pôle santé du TGI de Marseille.

La distribution de l'ancienne formule, qui devait s'arrêter, a finalement été prolongée à plusieurs reprises et se poursuivra au moins jusqu'à la fin 2022.