Coronavirus : Agnès Buzyn mise en examen pour « mise en danger de la vie d’autrui »

ENQUETE L’ex-ministre de la Santé avait géré au sein du gouvernement les débuts de l'épidémie de Covid-19

M.F avec AFP
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Agnès Buzyn mise en examen pour
Agnès Buzyn mise en examen pour — Lucas BARIOULET / AFP

L’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn a été mise en examen par des magistrats de la Cour de justice de la République pour « mise en danger de la vie d’autrui » ce vendredi dans le cadre de l’enquête sur la gestion gouvernementale de l’épidémie de Covid-19. Elle avait été convoquée un peu plus tôt dans la journée à la CJR.

Il s’agit de la première mise en examen dans ce vaste dossier consacré à la manière -critiquée, encore aujourd’hui - dont les autorités françaises ont anticipé puis géré quotidiennement l’épidémie de coronavirus qui a fait au moins 115.000 morts en France, selon Santé publique France.

« Les risques de propagation sont très faibles »

Manque d’équipements de protection pour les soignants et pour la population, errements sur la nécessité ou non de porter des masques, etc. : la CJR, seule instance habilitée à juger des ministres dans l’exercice de leurs fonctions, a reçu depuis le début de l’épidémie au moins 14.500 plaintes, selon le procureur général près la Cour de cassation François Molins mercredi. Un certain nombre d’entre elles visent Agnès Buzyn, désormais haut responsable à l’Organisation mondiale de la Santé, et qui avait géré au sein du gouvernement les débuts de l’épidémie.

Elle avait notamment déclaré le 24 janvier 2020 que « les risques de propagation du coronavirus dans la population sont très faibles ». L’analyse peut « évoluer », reconnaissait-elle aussi à l’époque. Elle avait ensuite quitté le gouvernement moins d’un mois plus tard pour briguer, en vain, la mairie de Paris. Elle avait été remplacée par Olivier Véran.