Sages-femmes : Le métier doit être mieux rémunéré et bénéficier d’un statut spécifique, selon un rapport

SALAIRE L’Inspection générale des affaires sociales, préconise un certain nombre de mesures face à la dégradation préoccupante de l’attractivité de la profession

M.F avec AFP
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Pour la journee internationale de la sage-femme le 5 mai 2021, les sages-femmes ont appele a une journee sans sage-femme avec plusieurs associations et organisations syndicales.
Pour la journee internationale de la sage-femme le 5 mai 2021, les sages-femmes ont appele a une journee sans sage-femme avec plusieurs associations et organisations syndicales. — ISA HARSIN/SIPA

Revaloriser le métier pour le sortir de sa crise profonde. Par cinq fois déjà depuis le début de l’année, les sages-femmes sont descendues dans la rue afin de réclamer plus de reconnaissance et d’effectifs. Elles sont aujourd’hui 23.000 en activité en France, à 97 % des femmes et exercent majoritairement dans les hôpitaux et cliniques. Face «  au malaise profond et récurrent des sages-femmes » ainsi qu’à la « dégradation préoccupante de l’attractivité des postes hospitaliers », l’Inspection générale des affaires sociales préconise plusieurs mesures dans un rapport publié vendredi.

Tout d’abord l’Igas propose de leur octroyer « un statut d’agent public spécifique », arguant que « seul ce sur-mesure statutaire permettrait une réponse complète et adaptée ». Il recommande ensuite « une augmentation sensible de leurs rémunérations, tous modes d’exercice confondus », « les niveaux de rémunération étant inadaptés au niveau de leurs responsabilités », une « amélioration des conditions de travail », un meilleur accès à la formation continue et une meilleure conciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle.

Recentrer leurs missions sur le cœur de métier

Les experts estiment également nécessaire de recentrer leurs missions « sur ce qui constitue leur cœur de métier : la prise en charge de la grossesse physiologique et le suivi gynécologique », jugeant qu’au fil des années « leurs missions ont fait l’objet d’extensions successives (en lien avec l’IVG, la vaccination…) conduisant à brouiller l’identité de ce métier ». En parallèle, les sages-femmes doivent retrouver leur place centrale dans la prise en charge des grossesses à bas risque et de leur santé sexuelle « en organisant de manière opérationnelle la coordination des divers professionnels ».

Les experts préconisent également de redonner une place prépondérante aux sages-femmes dans les différentes actions de prévention, notamment « à destination des jeunes et des publics fragiles et précaires, qui doivent constituer des cibles prioritaires ». « L’optimisation du recours aux sages-femmes contribuerait à clarifier le parcours de santé des femmes », juge l’Igas.

Si certaines propositions du rapport constituent des avancées pour l’Organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSSF), Caroline Combot, sa secrétaire générale adjointe, a dit éprouver des sentiments mitigés et attendre « l’arbitrage du gouvernement ».