Vaccination dans le Haut-Rhin : Comment le département tente de rattraper son retard

EPIDEMIE Le département du Haut-Rhin a le taux de vaccination le plus faible et le plus haut taux d’incidence de la région Grand-Est

G.V. avec AFP
— 
Illustration vaccination contre Covid-19
Illustration vaccination contre Covid-19 — SYSPEO/SIPA
  • La circulation du coronavirus est plus active dans le Haut-Rhin que dans les départements voisins.
  • Le taux de vaccination complète est également le plus faible des dix départements du Grand-Est, à 63,3 % contre 70,2 % dans le Bas-Rhin.
  • Avec le Vacci’Mouv, un camion transformé en grand centre de vaccination mobile, les autorités sanitaires souhaitent être visibles dans des endroits de passage. Gratuit et sans rendez-vous, le Vacci’Mouv a réalisé en moyenne 140 vaccinations par jour.

Le Haut-Rhin se distingue des autres départements du Grand-Est par une circulation plus active du coronavirus, d’où la multiplication des efforts pour rattraper un relatif retard dans la vaccination. Si la tendance est à l’amélioration depuis quelques jours, le département alsacien reste néanmoins la lanterne rouge du Grand-Est, avec un taux d’incidence de 197,9 cas positifs pour 100.000 habitants, selon les données publiées vendredi, atteignant 291,6 dans l’agglomération de Mulhouse, contre 120,3 pour l’ensemble de la région et 160,6 au niveau national. Le taux de vaccination complète est également le plus faible des dix départements du Grand-Est, à 63,3 % contre 70,2 % dans le Bas-Rhin.

« Il y a des fois où l’on n’a pas envie de se distinguer… », soupire Pierre Lespinasse, délégué territorial de l’Agence régionale de santé (ARS) Grand-Est, à l’entrée du Vacci’Mouv, un dispositif itinérant de vaccination qui sillonne parkings et parvis du Haut-Rhin depuis début août. « Pourquoi le Haut-Rhin ? Personne ne se l’explique », estime Pierre Lespinasse, rappelant néanmoins que Mulhouse « coche les cases de proximité et de promiscuité », favorables à la circulation du virus.

« Aujourd’hui, les contaminations se passent dans les familles, c’est cela qui fait le taux d’incidence plus élevé à Mulhouse notamment, puisque c’est une population plus jeune, un peu plus précaire, avec une promiscuité plus grande », avance le docteur Frédéric Tryniszewski, président de la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) de l’agglomération mulhousienne.

Une zone frontalière de l’Allemagne et de la Suisse

« On ne trouve pas une explication unique », ajoute Alain Charrier, sous-préfet de Mulhouse, évoquant aussi les importants brassages de population dans cette zone frontalière de l’Allemagne et de la Suisse. Si les manifestations anti-pass sanitaire rassemblent relativement plus de monde à Colmar et Mulhouse qu’à Strasbourg, Metz ou Epinal, le port du masque, de nouveau obligatoire dans le centre-ville de Mulhouse, est respecté et il y a « très peu de verbalisations » lors des contrôles d’application du pass sanitaire, souligne le sous-préfet.

Avec le Vacci’Mouv, imposant camion blanc transformé en centre de vaccination mobile, différent du bus qui était allé au printemps à la rencontre des personnes âgées, « l’idée est d’être visible dans des endroits de passage. » Comme hier lundi, à proximité du lycée à Saint-Louis ou vendredi dernier sur le parking d’une zone commerciale de Kingersheim, au nord de Mulhouse. Le Vacci’Mouv devrait poursuivre son itinérance jusqu’à fin novembre. Gratuit et sans rendez-vous, le Vacci’Mouv a réalisé en moyenne 140 vaccinations par jour.

« On n’est pas dans des chiffres énormes […] mais on touche le public que l’on recherche : des gens qui ne seraient pas allés au centre de vaccination en faisant la démarche d’eux-mêmes » , met en avant le docteur Tryniszewski.